jeudi 26 février 2009

Discours prononcé lors de la Conférence nationale du Mouvement démocrate le 8 février 2009 à Paris

Ce n'est jamais complètement désagréable de se faire applaudir ! Merci.


Permettez-moi de commencer mon propos en vous parlant d'un sujet environnemental. Cela ne vous étonnera pas, on ne change pas sur tout ! C'est une image, rassurez-vous.
Je ne suis peut-être pas devant une assemblée d'experts, quoi que, dans un passé récent, quand je m'exprimais devant d'autres assemblées politiques d'un autre parti politique, je n'étais pas spécialement non plus devant une assemblée d'experts sur ce sujet, n'est-ce pas Jean-Luc !
La biodiversité, comme certains le savent peut-être, c'est l'ensemble du vivant et, plus il est riche et diversifié, plus on peut estimer qu'il se porte bien. Et bien, ainsi en va-t-il de la démocratie. Plus il y a diversité et mieux elle se porte.
Je suis fier d'être dans un parti qui met, dans son programme, la proportionnelle, parce que la démocratie française, comme d'autres l'ont dit avant moi, est une démocratie qui souffre d'uniformité et, surtout, qui souffre de ce qui a justifié mon engagement auprès du Mouvement Démocrate, à savoir de cette dualité stérile entre deux camps.
Vous êtes sommés en France de choisir votre camp. Quand vous l'avez choisi, si vous n'êtes pas le plus grand, un grand vous donne des miettes, et le grand choisit dans vos rangs qui a droit à ces miettes. Puis, on vous somme de dire de tous ceux du camp adverse que ce sont tous des imbéciles et que ceux qui sont dans votre camp sont tous géniaux.
Dans la vraie vie, est-ce aussi dual ? Non. Le Mouvement Démocrate, pour moi, est bien plus à l'image de cette "vraie vie", de cette société française que bien des partis s'inscrivant dans cette dualité n'écoutent pas ou plus.

Je me suis engagé dans un mouvement qui veut devenir une troisième force politique dans ce pays, qui ambitionne de franchir ce cap difficile de se maintenir dans les seconds tours ...et notamment celui de la présidentielle car c'est l'enjeu prochain vers lequel nous devons tous tendre.
Si l'on a cet objectif d'être au second tour de la présidentielle, derrière François Bayrou, à ce moment-là, beaucoup de choses vont être simplifiées entre nous et nous allons travailler avec un grand enthousiasme, j'en suis persuadé, dès cette élection européenne


Je suis bien sûr écologiste. Il y en a d'autres qui sont présents dans le mouvement démocrate .. D'autres candidats ou militants ont un autre passé politique.
Cette diversité politique d'idée, c'est ce à quoi je crois aujourd'hui dans mon engagement au Mouvement Démocrate. Nous pouvons ne pas avoir le même avis, mais nous avons tous décidé, d'où que nous venions, de construire un compromis, une majorité de projet. Ce pragmatisme que Sylvie Goulard évoquait tout à l'heure manque aujourd'hui en France.
On ne peut plus débattre de choses qui sont de l'ordre du bon sens, parce que, précisément, certains canalisent les cartes et le débat pour eux seuls.
C'est un combat pour l'intérêt général et, l'intérêt général, pour beaucoup de personnes, c'est savoir depasser les formules faciles de droite ou de gauche et rechercher le bon sens. C'est ce qui me guide dans mon action aujourd'hui.


Je voudrais, pour finir, dire un mot sur quelque chose qui n'est pas anecdotique à mes yeux et qui sera important dans cette campagne électorale dans l'est (et au delà), à savoir la présence du parlement européen à Strasbourg.
Je suis Alsacien et, donc je suis européen. Certains ont évoqué leur famille dans ce débat. C'est effectivement important de mettre de l'humain. Nous avons tous une vie. Nous ne sommes pas que des bêtes politiques. Ma famille est alsacienne depuis très longtemps. Elle a été tiraillée entre deux nationalités : l'allemande et la française. Aujourd'hui, nous trouvons, en Alsace, une réponse dans l'Europe des régions . C'est pour cela que les Alsaciens sont parmi les plus européens en France.
La présence du parlement européen à Strasbourg, c'est, non seulement le symbole de cette réconciliation franco-allemande de pays qui se sont historiquement affrontés et qui ont provoqué les millions de morts que l'on sait, mais aussi le symbole d'une Europe des régions qui sait faire vivre sa diversité.
Je vous rappelle la devise de l'Europe : "L'unité dans la diversté". Le départ du parlement européen de Strasbourg, ce serait une capitulation du politique face à une bureaucratie qui privilegie le "pratique" et le "commode" au symbole, au sens et à la raison pour laquelle a ete decide un jour que le parlement a son siege à strasbourg et non à bruxelles. Ce glissement de la commodité bureaucratique fait que les gens s'éloignent de l'Europe, que l'on prend pour fait accompli une réalité que personne n'a démocratiquement voulu. Bref, la politique c'est dire ce qu'on veut et non s'adapter à des situations du "fait accompli " ?


Quand la volonté politique s'efface, qu'elle laisse les choses se derouler au fil de l'eau sans réagir, on a comme résultat la crise financière, la crise démocratique, et écologique.
Revenons à l'origine de l'Europe. Elle s'est construite sur des symboles, sur une volonté de travailler ensemble, d'agir ensemble au bon niveau pour résoudre des problèmes aussi lourds que la paix et la reconstruction, de faire en sorte que notre diversité soit une richesse de coopération. La période actuelle justifierait un élan de meme ampleur. C'est cela qu'il va falloir faire vivre dans cette campagne européenne.


Le Mouvement Démocrate va être le parti du développement durable et je souhaite le développement durable du Mouvement Démocrate.
Merci.