mardi 24 mars 2009

dimanche 22 mars


Il parait qu'il y en a qui disent, en France, que je suis en vacance. Hier, oui, c'était un peu des vacances. Il faut dire que le dimanche, il n'est guère convenable de rencontrer des agences, bureaux d'études ou ONG pour parler de politique énergétique.

Mon escapade dominicale m'a conduit à une petite heure de Pittsburgh, sur le célèbre site appelé "Falling Water" (connu du moins de tous les amateurs d'architecture). La maison surplombe une cascade d'eau et s'intègre totalement dans une forêt. Splendide, reposant, très inspiré d'un esprit oriental de repos et de silence.

Pourquoi en en parler ici dans un blog "carnet de voyage" consacré à l'énergie ? Je me faisais cette réfléxion sur place : Peut-on imaginer qu'il soit souhaitable que de telles maisons, splendide au demeurant, se posent ici ou là dans les milieux naturels les plus magnifiques ? Les puristes de l'architecture le souhaiteraient. Les puristes de l'environnement, la tête bien sur les épaules, verraient le bilan urbanistique et énergétique et le rejeteraient. Et pourtant, qu'il eut été dommage de ne pas faire Falling Water pour des raisons écologiques ou urbanistiques ! Je dis cela d'autant plus que mon premier réflexe a été de me dire qu'il ne faut pas voir en Falling Water un modèle.

Mais nous voilà, en réalité, une fois de plus, au coeur du sujet. Tout est compromis.
- Oui, il faut accepter l'exception quand elle a pour résultat Falling Water (qui, par ailleurs, est une architecture parfaitement integrée à la nature environnante et très respectueuse de l'environnement qui l'entoure).
- Mais oui aussi au fait qu' il faut absolument concentrer l'urbanisme dans des zones urbaines déjà construite, et donc, limiter à l'exception d'Art les projets tels que Falling Water.

Falling Water est d'une certaine manière un condensé de l'art de l'exception et du compromis... si fréquent dans la décision politique.
... pour le reste, d'un point de vue purement esthétique, on approche la perfection.

3 commentaires:

  1. "A picture is worth a thousand words."

    Salut Yann,

    Passionnants tes récits et ta première vision de l'Amérique.

    Continue d'alimenter ton blog avec encore plus de photos. (Je ne connaissais pas "Falling Water" !)

    Bonne conférence de presse et réunion hier soir sur Strasbourg avec JFK (le nôtre), Nathalie Griesbeck et François Bayrou.

    On attend impatiemment ton retour. Prends quand même quelques jours de vacances.:)

    Bis bald,
    Michaël

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  2. c'est la fameuse maison de Frank Lloyd Wright?

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  3. "La Maison sur la cascade", in frensch ;-) Veinard !!

    Il fallait bien tout le talent de Wright pour lancer ces porte-à-faux au dessus d'une cascade :-)

    Toute l'architecture de Wright s'inscrit dans cette opposition à la ville. Les métropoles américaines avaient connu des expansion vertigineuses et Wright allait poser ses maison... à la campagne, au point d'en faire une doctrine architecturale et urbanistique connue sous le nom de "Prairie School" qui se situait non pas en opposition mais en complémentarité avec l'École de Chicago.

    Difficile de comprendre les fondements de cette doctrine de refus de la ville, aujourd'hui. Mais il faut se replacer à la fin du XIX, début du XX pour comprendre les expansions urbaines délirantes de l'époque -- Chicago croissait en hauteur autant qu'en surface avec l'arrivée des premiers gratte-ciel. Les oeuvres de Wright en milieu urbain sont introverties comme le Musée Guggenheim à New-York.

    À l'époque, on était loin, très loin d'intégrer l'impact énergique dans les modèles de développement urbain.

    Mais Wright est connu aussi pour avoir peaufiné les relations de ses maisons avec leur environnement, pour profiter au maximum des apports gratuits en énergie : baies vitrées bien orientées, porte-à-faux formant par-soleil aux endroits judicieux, étagement en niveaux et demi-niveau pour faire pénétrer la lumière naturelle au plus profond des habitations, etc.

    Concernant le choix du site, c'est un débat vieux comme le monde ou presque. Pour moi, un site naturel doit toujours pouvoir accueillir une oeuvre humaine. Même par exception, tout est une question de choix et de mesure. Et de talent bien sûr. La Villa Malaparte où Godard a tourné le Mépris et même la villa Savoye de Corbu est finalement un hommage rendu au paysage naturel le plus courant, le plus commun qu'on puisse imaginer. Dans ce cas, c'est la construction qui met en valeur son environnement naturel.

    Concernant la "maison du la cascade", mon interrogation était ailleurs : me suis souvent dit que la cascade devait produire un niveau sonore assez important, d'où problème de confort sonore à l'intérieur ? Tu as pu y rentrer ?

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