lundi 30 mars 2009

vendredi 27 mars

Détour dans la banlieue de Denver, sur un site universitaire de recherche qui a investi une ancienne centrale électrique au gaz.
Le site est entièrement occupé par des étudiants chercheurs, et c'est d'ailleurs un étudiant chercheur qui me fait la visite des lieux.

Premier constat, l'université ici, comme toutes les autres aux Etats Unis, fonctionne autant avec des fonds publics qu'avec des fonds privés. Du coup, les recherches sont autant à des fins publiques que pour le bénéfice d'entreprises qui ont leurs bureaux ou sites à demeure.

L'ensemble des recherches visent à l'efficacité énergétique.

La production électrique des Etats Unis étant assurée à 50% par des centrales thermiques utilisant des carburants fossiles, ce centre profite des infrastructures existantes, et notamment des turbines gaz et pétrole, pour tester des solutions techniques améliorant la performance des dites turbines. Il s'agit notamment pour eux d'améliorer la combustion du carburant afin d'augmenter l'efficacité énergétique globale.

Pour leur turbine "pétrole", j'ai été ravi de constater que, là aussi, comme je l'avais vu à Pittsburgh, on parle sérieusement des huiles végétales usagées de cuisson, ainsi que des biofuels issus des déchets agricoles. Leur but est de rendre les turbines compatibles avec ces fuels liquides du futur car pour l'heure, les émissions de polluants suite à la combustion de ces huiles végétales ne sont pas négligeables et ils cherchent à les diminuer.


Plus intéressant à mes yeux étaient leurs recherches déjà bien abouties sur l'amélioration des performances des triporteurs. L'engin m'a semblé immédiatement familier. Il n'en circule quasiment plus en France depuis longtemps. Ils circulent en Italie par tradition, mais surtout dans les Pays en voie de développement. Ils seraient, à travers le monde, entre 50 et 100 millions. Le problème de ces engins, c'est qu'ils sont fort peu efficaces énergétiquement. Leurs émissions de CO2 et de NOx (oxyde d'azote) sont plus importantes que nos voitures récentes (presque 50 fois supérieures) et représentent à elles seules largement l'équivalent des émissions des presque 1 milliards de voitures circulant dans le monde.
Cet institut de recherche, associé à la Banque mondiale et des organismes proposant les micro-crédits, a mis au point un module qui, adapté au moteur de chaque triporteur, réduit de 30% sa consommation de carburant, et de 60% les émissions de polluants comme le CO2. Chaque module coûte environ 300 dollars. Les propriétaires de ces triporteurs (qui gagnent en moyenne 5 dollars par jour) économisent, grâce à ce modules, environ 3 dollars de carburant par jour. Le micro-crédit qui leur est accordé pour acheter le module est remboursé à hauteur de 2 euros par jour. Ils gagnent 1 dollars par jour et au bout de 3 à 8 mois, le crédit remboursé, les 3 dollars de gain sont pour eux.

Plusieurs étudiants, avec l'aide de l'université, ont crée leur entreprise pour fabriquer et commercialiser ces modules. En partenariat avec la Banque mondiale, des micro-financements forment les mécaniciens sur place. Ce projet prend forme aux Philippines, au Sri Lanka et en Chine.

Enfin, outre la réduction des émissions de CO2 (le potentiel de réduction à l'échelle mondiale est considérable), ces engins exposent également bien moins leurs propriétaires aux polluants qui les rendaient malade plusieurs jours par an.

2 commentaires:

  1. Diable mais combien font-ils de kilomètres quotidiennement pour consommer 10 dollars de carburant chaque jour?

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  2. cher "anonyme",

    je ne crois avoir indiqué que les triporteurs consomment 10 dollars par jour ? Je n'en sais rien à vrai dire. L'indication qu'on m'a donnée et qu'ils peuvent économiser jusqu'à 3 dollars par jour, et je suppose que c'est une moyenne. Ce sont des engins énergivores et ceux qui les utilisent le font à des fins professionnelles (taxi, transport de marchandises)... et je devine qu'en roulant toute la journée, la consommation peut en effet rapidement être importante.
    Yann

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