samedi 4 avril 2009

Back to France

Dans quelques heures, je serai de retour en France.

Toutes mes notes durant ce voyage n'ont pas été détaillées sur ce blog... faute de temps entre les rdv. J'y reviendrai dans les jours à venir car il y a encore beaucoup de choses à dire.

Il m'est encore difficile de faire une synthèse, mais ce que j'en conclue pour l'heure, c'est que :
1- l'administration Bush a, en matière d'énergie et de développement durable, occulté les efforts faits dans les États. Si les peuples (en démocratie) sont souvent responsables de leurs dirigeants (surtout quand ils les élisent deux fois !), il est également clair que dans les États, près de la moitié des gouverneurs (dont des très importants, comme celui de la Californie) ont fixé, avant ou pendant la présidence Bush, des objectifs volontaires de production énergétique par les renouvelables (entre 12,5 et 25%).
2- Ces avancées dans les États facilitent (voire expliquent) l'engagement fort de Obama en faveur des énergies renouvelables, de l'efficacité énergétique et de la lutte contre le changement climatique.
3- N'en déplaisent à certains en France, je constate ici comme en France, qu'en matière de développement durable, les clivages ne sont pas entre les Républicains et les Démocrates (en langage "français"... entre la gauche et la droite). Obama est démocrate et surprend le monde entier en faisant du développement durable énergétique une de ces deux priorités de début de mandat (avec la santé). Schwartzenegger est républicain et c'est sans doute un des gouverneurs les plus en pointe dans ce domaine, et depuis plusieurs années (et à l'inverse, il existe des démocrates et des républicains qui tiennent sensiblement les mêmes discours anti-environnementaux.... comme en France... mais ils sont heureusement de moins en moins nombreux). Car globalement, la classe politique fait du développement durable une question désormais incontournable. Si cela fut, comme en France, dans un premier temps, beaucoup de "belles paroles", plusieurs facteurs économiques mènent au passage à l'acte. Les discours ultras, tant écolo (du type "on ne va pas assez loin, il faut changer tout le système car on ne peut pas le réformer"), que anti-écolo (du type "l'économie est plus importante, continuons de sacrifier la planète, la situation n'est pas si grave, et la science trouvera des solutions plus tard), ... ces discours semblent, ici, relégués à la marge même s'il bénéficient d'une réelle couverture médiatique.
4- Si on entre dans le détail, le pays reste globalement encore très dépendant du pétrole (l'Europe également d'ailleurs). La moitié de l'électricité est produite par des centrales à charbon. La très très grande majorité des déplacements se fait sur les routes.
5-Le nucléaire reste marginal même si, dans plusieurs États, des projets sont en attente d'avoir leur agrément (à ce sujet, j'ai noté que le débat est bien plus ouvert et moins conflictuel qu'en France. Les pouvoirs politiques semblent nettement plus objectifs sur la question qu'ils ne le sont en France et la très grande majorité de mes interlocuteurs n'y voyaient pas là la solution d'avenir, tout juste un complément à peine acceptable compte-tenu de la peur des dangers radioactifs et surtout des déchets).
6- Les transport en commun et le rail sont les parents pauvres ici. Il faut reconnaître que la hausse brutale du prix de l'essence l'année dernière, la crise économique actuelle, et la prise de conscience climatique font bouger les choses dans un Pays où il y a encore 2 ou 3 ans, l'espace, l'énergie et les matières premières semblaient infinis et peu chers. On parle maintenant de trains type TER pour relier villes et banlieues (là où les seules liaisons sont routières), ou de TGV pour longer la côtes ouest. Et surtout, en matière d'urbanisme, un phénomène (balbutiant mais réel) semble aller vers un retour des habitants dans les centres urbains tertiaires (ce qu'on appelle ici, dans les grandes villes, les "downtowns") pour se rapprocher de leurs lieux de travail, au détriment des banlieues résidentielles.
7- Enfin, en matière de développement des énergies renouvelables et d'efficacité énergétique, comme je l'ai détaillé en partie dans ce blog (et il me reste à compléter tout cela), les recherches et les volontés sont fortes. Aucune direction n'est exclue et il sera passionnant dans les semaines, mois et années à venir de suivre le devenir, par exemple, des turbines marines, des biofuels issus des algues, de toutes les technologies solaires, et des domotiques (informatisation dans les bâtiments) qui informatiseront chaque usage de kilowatt.

2 commentaires:

  1. Barack Oabama était à Strasbourg vendredi matin, au hall Rhénus pour une rencontre avec de jeunes Strasbourgeois et Allemands. À deux reprises, il a évoqué notre réseau de trains à grande vitesse qu'il semble nous envier vraiment. Son discours était empreint d'une grande sincérité pour ce qui concerne les préoccupations environnementales.

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  2. Bonjour Yann,

    Tu annonces un café démocrate Europe Etats-Unis, mercredi 15 avril à 19h30. Où se retrouve-t-on ?

    Pour info, il existe un calendrier collaboratif '67' sur la plateforme e-democrates.fr :
    http://www.e-democrates.fr/og_calendar/167
    Après inscription et véréfication de ta qualité d'adhérent, chacun peut enregistrer ou mettre à jour les événements qui le concernent. Pratique !

    _ _ _

    - mercredi 15 avril, 19h30, café démocrate, Europe-Etats Unis, quelles différences, quelles ressemblances ? (à Strasbourg, lieu exact défini tout prochainement et communiqué sur ce blog).

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