jeudi 2 avril 2009

Mardi 31 mars

Portland

Énergie des vagues

Parmi les énergies renouvelables que je souhaitais voir de plus près figuraient l'énergie issue des océans.

J'ai donc déjeuné avec plusieurs professionnels qui cherchent à développer l'énergie issue des vagues.

Le vagues dégagent en effet une énergie qui, si elle est captée au travers de turbines, peut produire de l'électricité.

Cette technologie a le soutien de l'Orégon car cet État produit l'essentiel de son énergie grâce à ses barrages hydro-électriques. Mais il est aujourd'hui impossible d'aller plus loin. Compte-tenu de l'impact environnemental des grands barrages, plus aucun autre projet de cette nature n'est souhaité.

Comme près de la moitié des États au USA, l'Orégon a voté une loi à son niveau (aux USA, les États ont cette compétence) se fixant un objectif de production d'énergie renouvelable. Ces objectifs varient d'un État à l'autre. Pour l'Orégon, ce sera 25% de son électricité d'ici 2025 grâce à des énergies renouvelables, hors hydroélectricité. Cet objectif est très ambitieux puisqu'aujourd'hui, l'hydroélectricité produit 40% de l'électricité de l'Etat et le renouvelable à peine 2 à 3%. L'Orégon a rejeté toute idée d'avoir recours au nucléaire et aucune centrale nucléaire n'existe d'ailleurs sur cet État. Les 10 prochaines années verront se développer de manière très importante l'éolien, la géothermie en très basse profondeur, le solaire... et l'énergie des vagues.

Aucune application commerciale n'existe pour le moment, et il m' été dit que le niveau d'avancement de la recherche et des applications pour l'énergie des vagues est au niveau où était l'éolien à ses débuts. Mais le potentiel de production électrique par les turbines flottantes ou faiblement immergées pourrait être supérieur à l'éolien (car la production est plus constante). Une estimation m'a été donnée de l'ordre de 500 mégawatt pour 10 km2 de parc de turbines. Et encore une fois, c'est le contexte général des énergies (fossile de plus en plus cher) qui dopera les investissement vers ces technologies

Du côté de l'impact environnemental, les développeurs travaillent directement avec l'institut océanographique de l'Orégon fin de placer les futures turbines à l'écart des routes de migration des espèces animales les plus protégées (comme les baleines par exemple).

Enfin, les opérateurs ont consigne d'associer les autres usagers de la mer dans leurs travaux, principalement les pêcheurs et les entreprises touristiques . Sur ce dernier point, l'inquiétude se porte sur l'impact paysager. En effet, afin de bénéficier au mieux de l'énergie des vagues, les turbines doivent être placées à environ 5km des côtes. Elles seront donc visibles.

Les contraintes « distance, zones de pêche, passage des baleines, esthétique » sont donc nombreuses mais les zones qui seront couvertes permettront néanmoins d'offrir une source complémentaire d'énergie non négligeable dans un bouquet énergétique qui promet d'être exemplaire. Et je dois noter, une fois de plus, que les développeurs d'énergie renouvelable sont très soucieux de leur responsabilité environnementale sur les impacts annexes (environnement, économie locale). Bien que les entreprises pétrolières et les promoteurs du nucléaire n'ignorent plus aujourd'hui ses aspects, ils sont loin d'en faire autant.

Ailleurs dans le pays, le gouvernement fédéral soutient également la recherche sur l'énergie des vagues dans l'Etat voisin de Washington, et un autre programme (que je n'aurai pas le temps de visiter), en Floride, sur l'énergie tirée du courant marin du golfstream. Il m'a également été donné quelques détails sur un programme qui se déroule à Hawaï et qui est basé sur l'équivalent de la géothermie mais dans l'océan. L'idée est d'extraire de l'énergie sur le principe d'une pompe à chaleur usant le différenciel de température de quelques 20° entre les grands fonds et la surface chaude (les fonds sont froids, et à ces latitudes, l'eau de surface est chaude). Cette dernière technologie, appelée OTEC, connaît de faibles progrès car pour être efficaces, les tests devraient être faits à grande échelle, mais les fonds (financiers, pas marins) ne sont pas disponibles pour cela... pas encore.

L'enveloppe globale pour les énergies des mers est en augmentation et est dotée pour 2009 de 40 millions de dollars. Comme souvent ici, des fonds privés complètent les fonds de recherche. De plus, le futur système de quota carbone que le Congrès est en train d'étudier devrait avoir un effet porteur pour les énergies non émettrices de Co2. En effet, des opérateurs de centrales à charbon, des industriels très émetteurs de Co2, ou des entreprises d'exploitation pétrolière auront intérêt, pour avoir plus de crédits carbone, à disposer dans leur bouquet énergétique, de production renouvelable.

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