mercredi 30 décembre 2009

TAXE CARBONE annulée - coup de gueule

Non, on ne peut se réjouir comme le font les Verts et le PS de l'annulation de la Taxe carbone par le Conseil Constitutionnel. Annulation que les seconds ont initié et que les premiers applaudissent !
Oui, cette Taxe était imparfaite et je renvoie aux deux billets que j'ai publiés sur ce blog à ce sujet. Mais le mieux est l'ennemi du bien.
Cette annulation alourdit l'échec du Sommet de Copenhague.

Il est juste de rappeler que trop d'émetteurs de CO2 étaient exonérés. Il fallait pourtant y voir un premier pas décisif et mener non la bataille pour l'annulation de ce premier pas, mais pour son amélioration. C'est en tout cas le combat que je mène et je dois dire que c'est toute une autre conception de l'action politique qui est ici illustrée.

Le gouvernement a annoncé sa volonté de présenter un nouveau texte fin janvier.
Tant mieux !
Soyons tous constructifs. L'enjeu n'est pas d'être avec ou contre ce gouvernement, mais de prendre le parti des intérêts de la planète.

Si nouveau texte il doit y avoir, l'élargissement éventuel de cette taxe à davantage d'émetteurs est souhaitable. Elle devrait d'ailleurs permettre une rentrée d'argent plus importante.

Au fond, j'ai toujours été convaincu qu'il fallait viser en priorité la taxation des produits via une TVA carbone. Elle viserait à la fois les produits très énergivores pour leur fabrication, et les produits ayant beaucoup voyagé pour arriver au consommateur.
Quant à la reversion, si elle est justifiée à mon sens pour les usages contraints de la voiture, elle ne l'est pas, à mon sens, dans sa version large telle que prévue dans le texte rejeté.
Car au fond, la logique de toutes les éco-taxes, quelles qu'elles soient, doit avant tout de servir au financement des services et productions écologiques.

Ainsi, les recettes issues de la taxe carbone, quelles que soient la formule retenue, devrait aller majoritairement et prioritairement au financement des transports publics, des solutions de voitures partagées (co-voiturage, auto-partage), des voitures électriques, des opérations d'isolation des logements, de remplacement des chaudières, et de l'investissement dans les énergies renouvelables. C'est aussi sous cette forme que cette taxe sera plus acceptable pour tout le monde. Savoir qu'on paie pour le financement d'alternatives est plus acceptable et plus enthousiasmant que de se dire qu'on paie juste pour se contraindre. Si je prends ma voiture tous les matins pour aller travailler, qu'on me dit que je vais payer quelques euros de plus mon plein d'essence, je me réjouirai de savoir que c'est pour que je puisse disposer sur mon trajet d'ici quelques années d'une ligne de bus, de TER, de TAD ou d'une solution de co-voiturage efficace.

Pourquoi ne pas, d'ailleurs, profiter de l'occasion pour créer une Banque publique d'investissement pour les solutions sans-fossile ? (en anglais ça sonne mieux : une Fossil-Free Public Bank) dont les fonds proviendraient des recettes de la taxe carbone et qui financerait les investissements lourds dans tous les domaines aujourd'hui émetteurs de CO2: transport, bâtiment, industrie, déchet, agriculture. Une telle démarche, si elle voyait le jour en France, pourrait ensuite connaître un développement européen, voire mondial.

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