lundi 29 mars 2010

2012 ?




Ce matin, sur France Inter, j’ai écouté Jean-Louis Bourlanges.

Un homme que je savais remarquable par ses analyses et qui se présente toujours encore comme un homme du centre. A l’entendre, plusieurs remarques me viennent :


Tout d'abord, il se confirme pour moi qu’une certaine voie politique est possible dans notre Pays. Cette voie politique est d’abord, dans son esprit général, celle de « l’équilibre » à trouver en toute chose. Se situer au centre, c’est avoir à cœur de chercher cet équilibre. C’est en tout cas cela que j’ai pensé trouver au centre. Car, comme le disait ce matin JL Bourlanges, il y aura toujours en politique celles et ceux qui sont dans une affirmation radicale de propositions ou d’options qui créent du clivage dans la société, et il doit y avoir des gens qui cherchent l’équilibre.


Deuxièmement, il faut redonner du contenu aux mots tels que « réforme », « rigueur », « égalité » ou encore « développement durable ». Tous ces mots ont perdu de leur sens à l’oreille des citoyens car ils en ont perdu dans la bouche des politiques.


Troisièmement, il faut dire et redire que le temps des commentaires des médias sur la vie politique a également perdu toute crédibilité. En effet, aujourd’hui, tous les éditorialistes parlent d’une déroute sans précédent de l’UMP et de N Sarkozy, d’un anéantissement du Modem et de F Bayrou, d’une consolidation d’Europe Ecologie et d’un grand succès du PS. Il y a 3 ans, au lendemain de la présidentielle, les mêmes titraient exactement l’inverse : Triomphe de Sarkozy et de l’UMP, un Modem et F Bayrou sur qui il faudra durablement compter, disparition des écologistes, et grandes difficultés pour un PS déchiré. Il y a un an encore, après les européennes, l’UMP heureuse, un Modem qui se tasse, grande percée des écologistes avec un rééquilibrage durable dans la gauche, un PS définitivement essoufflé… et les adjectifs définitifs se succèdent sans le minimum de recul et de décence pour se rappeler les propos passés. Le problème est que ces contradictions d’analyses sur l’état de la vie politique française, a priori objectives, ne sont pas partagées par les partis et leurs cadres. Avec la même absence de distance que les journalistes, les cadres politiques triomphent aussi vite qu’ils dépriment. Preuve en est l’excès d’immodestie des victorieux face aux règlements de compte des perdants.


Avoir pour méthode l’équilibre, redonner du sens aux mots et s’éloigner du tumulte des commentaires d’actualité permettent d’aborder plus sereinement l’élection phare, qu’on l’apprécie ou non, : l’élection présidentielle. Dès lors que l'objectif affiché est de gagner et non de jouer un simple témoignage de premier tour, elle doit allier un leader, un projet, une équipe et des électeurs. Quel est l’ordre ? Chacun aura sa réponse. Evidemment, pour beaucoup, c’est d’abord le leader. Or, soyons assez objectif pour constater que rien n’est évident en la matière, quelles que soient les familles politiques, quelles que soient les fidélités qu’on peut avoir, ou l’amitié qu’on peut avoir pour certains. Et si l’ordre prioritaire était les électeurs, le projet, l’équipe, puis le leader ?


1- Les électeurs : 70% d’entre eux disent aujourd’hui ne plus faire davantage confiance à la droite qu’à la gauche pour gérer le Pays. N’ayant pas de réponse face à ce message, ils le confirment dans les urnes … en les désertant. Ils attendent que les politiques dépassent un certain nombre de jeux d’ombres pour tenir un discours de vérité

- qui donne du sens aux mots qu’ils emploient,

- qui s’inscrive dans une réalité mondialisée sans faux fuyants

- propose un futur sans excès d’optimisme ni de pessimisme, mais qui tienne la route sur la durée

- et permette de s’écouter les uns et les autres, par delà les clivages, car la vérité ou l’erreur n’est pas dans un seul camp… et cela, tout le monde le sait.


2- De ces postures de base, il est concevable de travailler à un projet politique qui revisite :

- une économie sociale rhénane à l’aune de la mondialisation sachant, malgré cela, bâtir, par des innovations douanières et fiscales, les protections sociales et environnementales qui ont vocation à se généraliser à l’échelle de la planète dès lors qu’on puisse acter que ces protections ont quelque chose d’universel.

- un développement durable qui doit être réaliste car rompant d’une part avec les dogmes et d’autre part avec les dénis et les habillages de mode qui dévoient sans cesse les mots de leurs contenus.

- une démocratie qui elle aussi doit sortir des dogmes, d’une part, des tenants d’un Etat-nation fort qui contrôlerait tout (pouvoir central, local et européen, grandes écoles et médias), et d’autre part, des défenseurs d’une démocratie locale participative idéalisée.


3- Il est également concevable, partant de là, de dessiner un premier profil d’un nombre non négligeable d’hommes et de femmes qui pourraient travailler ensemble, en équipe, pour détailler, étoffer, charpenter ce projet qui a assurément une vocation présidentielle. Mais réunir ces « profils » n’a de chance d’aboutir qu’à trois conditions sine qua non :

- ne pas exiger de ralliement à telle ou telle écurie de leader déjà établie.

- dépasser les frontières des partis et formations existantes.

- décider, donc, d’entrée de jeu, que le but est d’élire un ou une présidente qui incarne cette aspiration profonde d’une majorité des électeurs, le projet qui la traduira, et l’équipe qui l’aura construit… et qu’il ne saurait y avoir aucun autre préalable tel que celui de faire gagner obligatoirement une famille politique telle que la gauche ou la droite, à savoir le PS ou l’UMP et leurs satellites.


4- Et enfin, en découlerait ce qui finira par être le plus délicat et le plus important : le leader.

En ayant crée l’émulation nécessaire grâce aux étapes précédentes, regroupé des individus ayant un réel poids politique et intellectuel ainsi qu’un nombre conséquent de citoyens, des « primaires », dénuées de connotation de camp, mais simplement présentée comme le résultat d’un travail de fond, donnerait un visage à cette démarche.


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