mercredi 5 mai 2010

malgré tout, il faut voter le Grenelle 2

Il faut voter le Grenelle 2 car, malgré certaines avancées qu'on n'y trouve pas, il en contient d'autres absolument nécessaires et qu'il serait dommageable de rejeter ou retarder.

Par ailleurs, il est faux de dire que le texte est un recul pour justifier un vote négatif.
Il ne contient certes pas tout ce qu'on aurait aimé qu'il contienne, mais ne pas avancer, ce n'est pas forcément reculer.
Soyons assez objectifs pour faire la part des choses entre ce qu'il faut appeler "avancées" et ce qu'il faut qualifier de "statuquo" et non de "recul".
On ne peut pas être contre tout le volet d'efficacité énergétique dans le bâtiment ou l'idée de trame verte bleue. Ce sont des avancées incontestables.
Ne pas réduire vraiment les pesticides, c'est un statu quo, pas un recul. C'eut été un recul que de proposer quelque chose qui revienne à augmenter l'usage des pesticides.
Ne pas se donner les outils règlementaires pour un vrai développement de l'éolien, ce n'est pas arracher du sol les éoliennes existantes... c'est un statuquo, pas un recul. Et encore, l'amendement le plus problématique des 15Mw minimum de tout nouveau parc a été supprimé et, in fine, le développement de l'éolien restera possible, bien que plus contraint.

Je ne veux pas excessivement défendre un texte qui me déçoit, notamment sur les pesticides, c'est vrai.
Mais je ne supporte plus les prises de positions qui ne se fondent pas sur une analyse objective mais sur des visions ou jusqu'au boutiste (ça va pas assez loin donc je suis contre), ou politicienne (c'est la droite qui propose, donc je suis contre).

Deux petites phrases me reviennent en conclusion :
- celle entendue l'autre jour de Claude Coasguen, député UMP : "Le Grenelle, on l'a fait. On aurait aussi bien ne rien faire du tout".
- celle de Michel Rocard, qui la répète souvent : "les réformes importantes, si on veut les voir aboutir, il ne faut pas les rendre trop médiatiques"

En effet, il n'y avait aucune raison pour le gouvernement actuel de s'engager dans une démarche que fut celle du Grenelle. Ils l'ont fait. Et comparativement à ce que firent les gouvernements précédents, de gauche comme de droite, avec ou sans verts dedans, ils ont fait mieux. L'air du temps me direz-vous. Peut-être. Il n'en reste pas moins que c'est mieux.
Et paradoxalement, le fait de l'avoir médiatisée, d'avoir mis de la passion là où on a besoin de raison... a fini par affaiblir la démarche.

Avancées, il y a.
Avancées, il devra continuer à y avoir, c'est certain.

1 commentaire:

  1. Jeudi 17 juin, la Commission paritaire de l'Assemblée et du Sénat viennent de porter un nouveau coup de canif au Grenelle 2 de l'environnement : les trames vertes et bleues ont du plomb dans l'aile.

    Voir Le Monde du jour Grenelle 2 : la biodiversité fait les frais des compromis entre sénateurs et députés

    Toujours "bon à voter" ?

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