vendredi 30 juillet 2010

EPR à 5 milliards d'euros = éolien 3 fois moins cher

Coût estimé à ce jour de l'EPR de Flamanville : 5 milliards d'euros.
Sa puissance : 1650 Mw

Coût estimé à ce jour d'un mat éolien de 80 m de diamètre : entre 1.5 et 2 millions d'euros
Sa puissance : 2Mw

Rapporté au coût du Mw : nucléaire = 3 millions €/Mw ; éolien = 1 million €/Mw. Donc, l'éolien est aujourd'hui 3 fois moins cher que le nucléaire. Même si l'EPR avait coûté effectivement 3 milliards d'euros, il resterait 1.8 fois plus cher que l'éolien.

Bien évidemment, des contestations tout azimut sur le coût réel du nucléaire et de l'éolien circulent... tant et si bien que le non expert y perd son latin. Approximativement, l'un dans l'autre, il devient de plus en plus évident que le ratio de 1 à 3 n'est pas loin de la vérité.
N'allons pas en déduire que nous devons couvrir tout le territoire de mâts éoliens. Cela étant, à choisir, personnellement, si on ne devait tenir compte que du denier public, mon choix est fait.

Mais il y a la question technique et il faut être - ou tenter d'être - objectif. L'éolien, du fait de son intermittence, implique ou du stockage ou une source de production de complément rapidement mobilisable (rapidement mobilisable, en gros, pour l'heure, c'est du charbon, du fioul ou du gaz).
En réalité, plus qu'une alternative nucléaire versus éolien, pour peu qu'on sorte des dogmes pro ou anti nucléaire ou pro et anti éolien, ou de logiques industrielles commerciales discutables, le vrai changement est un changement de mentalité : à savoir sortir d'une mentalité où une seule énergie pourvoit à tous les besoins, et aller vers un concept de "multiples sources" : un véritable "mixte énergétique". Le nucléaire existant produit de l'énergie, dont acte, utilisons la. Est-il nécessaire de construire de nouvelles centrales dans les 10-20 ans qui viennent ? C'est discutable tant du point de vue du coût que d'un point de vue environnemental.
Le mixte énergétique de demain, c'est aller beaucoup plus énergiquement (si je puis dire) vers les autres sources (centrale solaire, méthanisation, hydrolien, géothermie). Ces dernières, c'est vrai, n'ont pas encore cette rentabilité qui pourrait leur permettre de concurrencer aussi bien le nucléaire ou les énergies fossiles. Mais, comparativement au nucléaire par exemple, il faut dire qu'elles ne bénéficient pas encore de suffisamment de soutiens en R&D d'une part et de projets en nombre suffisant qui leur permettraient à la fois une amélioration des performances et une standardisation des composants et donc une baisse du coût de fabrication. Mais nous n'en sommes pas loin... et précisons de plus que le coût de démantèlement d'une centrale nucléaire est infiniment plus élevé que celui du démantèlement d'une unité de méthanisation ou d'une centrale solaire, ce dont il n'est pas tenu compte dans les calculs d'investissements initiaux.
Quant au gisement, rien que dans le solaire, il est époustouflant : en 6 heures, les déserts de la planète reçoivent par le soleil plus d'énergie que ce que toute l'humanité consomme en 1 an !

Last but not least, la France et plus encore l'Europe ne sont pas assez réactifs face aux mouvements qui se font tant aux Etats Unis qu'en Chine. Relever le défi des énergies de demain (soleil, vent, biomasse principalement) est un tournant industriel que ces deux grandes puissances sont sérieusement en train de prendre. Si la France poursuit sa stratégie de préférer le nucléaire, elle conquerra au mieux des marchés marginaux, au pire, continuera dans l'échec. Quant à l'Europe, nous avons heureusement quelques pays qui tentent de se positionner : l'Allemagne pour le photovoltaïque ou l'éolien, voire la méthanisation, l'Espagne sur les centrales solaires, le Danemark sur l'éolien... mais c'est une stratégie industrielle et commerciale qu'il faut mener à l'échelon européen et le nucléaire français contribue à bloquer la réflexion à ce niveau continental pourtant essentiel.
A la limite, pour être réaliste et constructif, compte tenu de la majorité politique en France qui, de manière assez transversale à gauche comme à droite, reste favorable à cette stratégie industrielle et énergétique, construisons un compromis politique qui consisterait à poursuive pendant quelques années, en quasi solo cette tentative de "vendre notre" nucléaire en mettant en place, en parallèle, des instruments de mesures indépendants du secteur nucléaire afin qu'ils évaluent la pertinence économique et technologique de poursuivre dans cette direction. Compromis toujours : rééquilibrons les investissements énergétiques du nucléaire vers les renouvelables. ET ouvrons grand le chantier d'une stratégie européenne industrielle, commerciale et énergétique (une PEC, Politique Energetique Commune) permettant à notre continent de ne pas rater le tournant historique du renouvelable que sont en train de prendre Etats-Unis et Chine.

jeudi 29 juillet 2010

FIn de la corrida en Catalogne




Au risque d'en agacer certains, je suis ravi que la Catalogne ait voté la fin des corridas.

Eh oui, chers amis partisans de la corrida...il faudra vous y faire. Maintenant, ce sera la feria sans le spectacle de la bête qu'on s'amuse à tuer à petit feu devant un public qui doit prendre un plaisir comparable à celui que prenait la foule massée dans le Colysée devant quelques gladiateurs qui s'écharpaient.

Nous avons, en majorité, un minimum de conscience qui nous évite de prendre un quelconque plaisir à tuer ou faire souffrir... y compris un animal. Et cette conscience, précisément, est, dit-on, ce qui nous sépare des bêtes.
Mais réflexion faite, il y a assez peu de bêtes qui prennent du plaisir à tuer ou faire souffrir un autre animal... sauf mon chat peut-être, quand il torture une souris avant de la manger. Les comportementalistes des animaux de compagnie vous expliqueront que ce jeu du chat résulte du fait que, enfermé et nourri aux croquettes, son instinct de chasseur est contrarié. Pour le satisfaire, il lui faut "faire semblant" de chasser en se dépensant physiquement avant de manger sa proie. Voilà qui expliquerait ce qui reste d'animal chasseur chez nous humains. Il nous faut un exutoire pour satisfaire cet instinct contrarié de chasseur.

Personnellement, contrairement à mon chat, je me suis pris un peu de temps pour réfléchir et j'ai décidé de contrôler quelque peu mon instinct contrarié... et somme toute, j'y arrive très bien... comme la majorité des députés catalans.

mardi 13 juillet 2010

villes et villages bio-diversifiés


Avec l'été, voilà revenu la course aux petites fleurs dans les rues des villes et villages et aussi sous les panneaux indicateurs d'entrée de communes.

Le concours "villes et villages fleuris" (les petites fleurs en bas des panneaux d'entrée de commune) existe depuis des décennies et si pour certains maires l’obtention des 3 ou 4 fleurs de labellisation est une fierté, pour d'autres, c'est une corvée.

Il est incontestable qu'un village fleuri est plus beau qu'un village qui ne l'est pas.
Et puis, qui oserait émettre une critique sur une démarche aussi bon enfant et sympathique.

Un rabat-joie, à coup sûr.

Je veux bien jouer ce rôle l’espace d’un instant. Car à y regarder de plus près :

- le budget consacré au fleurissement n’est pas négligeable pour les communes. Ce coût est d’autant plus important que la commune n’est pas naturellement (rareté d’espaces verts) ou spontanément (fenêtres, balcons et pignons des particuliers) fleurie.

- que ce même budget est souvent et opportunément rangé au chapitre du budget environnement et peut même constituer le principal poste de ces dépenses prétendument environnementales. L'opération de com (pas si rares) permet de masquer le fait que le conséquent budget "fleurissement"a pour effet le flétrissement des crédits des autres actions environnementales. Dès lors, le budget « environnement » n’implique pas – on le savait déjà – une politique dé développement durable digne de ce nom.

- toujours au plan environnemental, même si on utilise enfin moins de pesticides et d’engrais chimiques, qui n’a pas vu, ces derniers jours, aux heures les plus chaudes de la journée, des agents communaux arroser à grand jet les massifs et les pots de fleurs suspendus (60% d'évaporation pour 40% d'arrosage !)

Alors certes, en naviguant sur le site du comité national des villes et villages fleuris, on peut lire que les critères de jugement « tiennent compte » du développement durable. On en attendait pas moins. On peut toutefois deviner que cette « prise en compte », légitime et signe de l’air du temps, ne remplace pas les autres critères qui forment le cœur de ce concours : à savoir le « taux » de fleurissement de la commune.

Mais le propos n’est pas ici de dénigrer un concours qui a ses adeptes et qui, somme toute, transforme parfois très positivement une commune. Ceci d’autant plus que la participation à ce concours demeure une démarche non obligatoire et donc volontaire… même si, pour bien des maires, la participation au concours est devenu une obligation politique.

Par contre, la labellisation des communes pourrait fort bien connaître quelques variantes au moins aussi pertinentes que le fleurissement : l’action sociale, la préservation de la biodiversité, la qualité de l’eau, de l’air, etc…

Le Grenelle de l’environnement avait envisagé une telle démarche pour reconnaître les communes exemplaires dans la préservation de la biodiversité. Reste à le faire… et pourquoi pas sur le modèle de ce qui fut fait pour le concours des villes et villages fleuris, c'est-à-dire sous la forme d’une association impulseé et financée par le gouvernement et par la distribution, par concours, d’un label « biodiversité ». Un ensemble de critères (plantation de haies, pose de refuges, maintien d’îlots, renaturation de berges, champs d’expansion des crues de rivière, non usage de pesticides et d’engrais chimiques, plantation de prairies fleuries, fauchage tardif, …) serait défini au plan national par un comité scientifique. Seraient décernés, chaque année, des labels autorisant les communes à afficher à leurs entrées une, deux, et jusqu’à cinq libellules (par exemple, car la libellule est symbole d’une nature riche préservée).

Au gré de mes rencontres avec des maires, j’ai l’intuition qu’ils seraient nombreux à solliciter ce label, non seulement parce qu’il permettrait de rendre visibles des efforts qu’ils font d’ores et déjà depuis longtemps, mais aussi parce que ceci permettrait de valoriser une dépense publique hautement utile qui serait appreciée autant par le contribuable que par le touriste. Appreciée car - malgré les mauvaises herbes que certaines villes laissent aujourd’hui pousser (et qui, c’est vrai, ne sont pas d’un excellent effet dans l’opinion publique*) - il est établi qu’un bon état de la biodiversité dans une commune signifie en général que l’eau et l’air y sont également de bonne qualité.

En conséquence, l’objectif serait de viser, par l’exemplarité des premières communes labellisées, un effet d’entrainement qui poussera de plus en plus de communes à rechercher cette labellisation.




* une politique dite « zéro phyto » conduit certaines communes à ne plus désherber les pieds d’arbres, bordures de trottoirs et de rues. Cette visibilité d’une action pourtant positive est risquée car l’opinion publique (qu’on peut toujours tenter d’avoir à l’usure !) accepte mal ce qui reste à leurs yeux, un « non entretien ». Or, favoriser la biodiversité comporte des aspects qui peuvent être positivement perçus : ilots, renaturation des berges, pose de refuges, visibilité de nouvelles espèces, plantation de haies et de prairies fleuries…). L’acceptabilité par les citoyens de toute politique, aussi vertueuse soit-elle, est primordiale. Il serait très dommage de mettre en danger une politique favorable à la biodiversité simplement en provoquant un rejet de la part des habitants par la négligence de l’entretien des abords de trottoirs et des pieds d’arbres (ceci d’autant plus qu’existent des techniques mécaniques de binages et de désherbages thermiques. Pour les pieds d’arbres, on peut aussi envisager la plantation de plantes couvrantes plus esthétiques et étouffantes de ce qu’on appelle « les mauvaises herbes ». Ceci implique un coût qui reste toutefois comparable à ce que fut l’épandage d’engrais – tous coûts internalisés. Coûts par ailleurs nécessaires si on veut sauver le « zéro phyto ».

mardi 6 juillet 2010

le bébé et l'eau du bain... suite

On a vu le Président de la République plus prompt à proposer des réformes quand la société était prise de soubresaut après tel délit, tel crime ou tel méfait.
Les révélations quotidiennes sur l'affaire Bettencourt et son cortège de petits et grands dérapages comportementaux de ministres ne constituent-ils pas un émoi suffisant dans la société pour justifier une réforme ?

Écoutant comme tout le monde, tous les jours et toutes les heures les commentaires des uns et des autres, je ne suis pas vraiment favorable aux démissions demandées. Du moins, celles-ci n'auraient aucun sens si elles devaient masquer le problème de fond : le système des avantages et libéralités laissées aux élus qui gangrène structurellement l'exercice de la fonction élective.

Je serais à la place du Président, je n'hésiterais plus - et sans tarder - à poser sur la table du Parlement un texte de loi qui aurait la portée de ce que fut en son temps la réforme du financement des campagnes électorales et des partis politiques. A chaque crise de système comme le furent les affaires de financement des partis politiques, doit être tiré bénéfice d'une évolution positive et nécessaire des règles. La moralisation de la vie politique a connu un progrès avec le mode transparent et public de financement des campagnes électorales et des partis politiques, il doit connaître son second volet avec une loi de moralisation des droits et devoirs des élus de la République. Cette loi pourrait préciser en toute transparence les droits et devoirs financiers et comportementaux des élus, à tous les niveaux (gouvernement, parlements, collectivités locales). La limitation décente du cumul des indemnités devrait y figurer, y compris les revenus issus des fonctions annexes exercées dans des conseils d'administration d'établissements publics ou les revenus issus de retraites perçues alors même que l'élu exerce encore des fonctions suffisamment bien rémunérées. Cette loi devrait enfin mettre en place un véritable statut de l'élu permettant, entre autre, à ce dernier, de disposer de tous les outils nécessaires à son retour à la vie de "non élu".

Une telle loi, si elle était suffisamment forte, à savoir suffisamment exigeante pour remettre en cause immédiatement des cumuls et pratiques indécentes, au sommet de l'État mais aussi dans les collectivités locales mettrait devant leurs responsabilités celles et ceux qui sont aujourd'hui brocardés, mais aussi celles et ceux qui brocardent.

Une loi puissante en terme de moralisation remettrait bien légitimement beaucoup de privilèges acquis, dont profitent des élus de gauche comme de droite. Il y aura ceux qui admettront qu'ils peuvent "avoir" moins et ceux qui feront tout pour ne renoncer à rien.
A n'en pas douter, lors du vote au Parlement et dans les débats qui le précéderont, ce sera l'heure de vérité... et des masques tomberaient !

lundi 5 juillet 2010

Ne jetons pas le bébé avec l'eau du bain, mais le bébé n'est quand même pas très propre




L'affaire Woerth, les cigares de Blanc, les voyages chers de Joyandet, le salaire de Christine Boutin, les logements de la République pour la famille, l'avion du Président, etc... créent une "overdose anti-politique" dans l'opinion publique. Le contexte de rigueur - qui ne veut pas dire son nom - et qui veut imposer aux français un régime minceur, rend cela encore plus insupportable.

Pour autant, comme le disait un politologue, les français dans leur majorité, ne reprochent pas vraiment aux politiques de bien se rémunérer, mais leur demandent de le faire à condition que cela serve l'intérêt général... bref, que cela serve à tous et pas seulement le simple confort personnel de l'élu ou de ses proches. Ce sentiment que le politique est impuissant face à une situation économique qu'il ne contrôle pas rendent ses libertés d'usage du denier public particulièrement détestables.

Dans ce contexte, la tribune Rocard-Veil, venant tel un seau d'eau visant à éteindre le feu, n'a qu'un effet limité sur un brasier déjà bien fort. Nous apprendrions que ses deux sages de la vie politique - ordinairement peu virulents à propos du Président de la République - ont été mis sur la voie de cette expression commune par un proche de l'Elysée, que je n'en serais pas surpris. Cela étant, je ne peux que partager la raison à laquelle ils appellent. Entre le déni des uns et le lynchage par les autres, on a en effet besoin d'appeler au calme.
Mais ce calme doit servir à résoudre le problème car problème il y a malgré tout. Calme pour pousser la classe politique, dans son ensemble et par délà les clivages, à traiter un problème qui touche la droite comme la gauche.

Car en réalité, même s'il sait cyniquement que la montée de l'extrême droite qui découle de tout cela, inéluctablement, le sert électoralement, le PS aurait bien tort de penser que les braises sur lesquelles il souffle ne l'emporteraient pas lui aussi. Les études d'opinion ne disent d'ailleurs pas autre chose : la gauche n'est pas épargnée par cette majorité de français qui ne disent pas que seule l'UMP serait corrompue, ils disent que TOUs les politiques sont corrompus.

Rien ne servirait de demander l'arrêt général des lynchages si, dans le même temps, on ne cherche pas à éteindre toutes ces petites étincelles qu'on a mis sous la paille. Ces étincelles sont celles de tous ces dérapages d'argent des élus, de droite, comme de gauche : au sommet de l'Etat, mais aussi dans les assemblées parlementaires et les grandes collectivités locales. Les abus sont bel et bien là et tout le monde le sait. Ils sont nombreux, et équitablement répartis entre gauche et droite (cela aussi tout le monde le sait et rend les envolées de la gauche quelque peu risibles). Et les premières victimes ne sont pas vraiment les élus concernés, souvent protégés dans leurs tours d'ivoire, mais les élus de terrain, petits maires, conseillers généraux ruraux, disposant rarement de hauts niveaux de rémunérations et d'avantages (bien au contraire), mais injustement mis dans le même grand sac.

Le pire n'est d'ailleurs pas vraiment que ces abus existent, mais que ceux qui en sont responsables, les élus eux-mêmes, ne comprennent plus en quoi le montant de leurs revenus ou avantages en nature sont devenus indécents. Beaucoup d'entre eux ont pris l'habitude de niveaux élevés, voire très élevés, de rémunération. Ils se comparent entre eux et non plus avec les français exerçant des responsabilités comparables. Ils trouvent tout à fait normal de gagner et cumuler des milliers d'euros de revenus par mois.

On repère bien cette déconnexion avec les règles élémentaires d'éthique ou de décence dans l'affaire Woerth. Les principaux intéressés continuent - et sans doute avec sincérité - de ne pas voir où est le problème de conflits d'intérêts entre les fonctions de ministre du budget et les relations professionnelles familiales avec de très gros contribuables qu'ils sont censés imposer ou contrôler, ou entre les fonctions de ministre du budget et de trésorier du parti au pouvoir.
Il en va de même pour le régime indemnitaire des parlementaires et des élus des grandes collectivités. Ils ne voient pas où est le problème de gagner tant d'argent.
C'est exactement le même problème avec le cumul des mandats. Les principaux concernés ne voient pas où est le problème.

Et on le sait bien, notre Pays, comme ont su le faire d'autres pays avant nous, doit faire un lourd de travail de moralisation de sa vie politique : limitation du niveau de rémunération des parlementaires et des élus des grandes collectivités locales (indemnités + jetons de présence dans les organismes où ils siègent - transparence sur la totalité des rémunérations et avantages en nature) - en parallèle de quoi revalorisation des indemnités des élus des petites communes - statut de l'élus pour permettre un retour aisé à la vie de "non élus" - limitation stricte du cumul de mandat et de rémunérations, ....

Les fusibles, exemples, ou décisions unilatérales de renoncement à tel mandat ou privilège sont tout à l'honneur des intéressés, mais seule la règle générale éteindra le feu.

Cet indendie, à la faveur de toutes ces affaires, ne s'arrêtera pas. Les logiques des médias sont ainsi faites que la machine est lancée et après le gouvernement, viendra, comme en Grande Bretagne, le tour des parlementaires, puis celui des élus des grandes collectivités locales. Les concernés, comme ils le font depuis trop longtemps, auront beau jeu de dénoncer le populisme de leurs détracteurs. Ce sera un peu court pour l'opinion publique.

Ne perdons plus trop de temps dans la moralisation générale de l'action politique... c'est avant tout une question de décence et d'éthique vis à vis des contribuables. C'est aussi une nécessaire anticipation d'effets dangereux sur notre démocratie par la montée du vrai populisme... celui qui se traduira immanquablement - si rien n'est fait de sérieux - dans les urnes, par un splendide retour de l'extrême droite.