mercredi 13 octobre 2010

L'Europe renonce au moratoire sur les forages en eaux profondes

La réalité rattrape vite les bons sentiments.
Ainsi, la glu visqueuse du pétrole continue-t-elle encore d'étouffer les oiseaux de mers de Louisiane que la fin de la récréation est déjà sifflée par les exploitants pétroliers, agissant avec le renfort de leurs gouvernements respectifs.

Comment pourrait-il en être autrement ?
La pression pour sortir de terre toujours et encore plus de pétrole est colossale.
Chercher le pétrole partout où il y en a, et toujours plus loin, sous les mers, sous les glaces des pôles, ...telle est la tendance.

Ceci se fait au moment même où se discutent les contenus des accords sur le réchauffement climatique pour le prochain sommet de Cancun, comme si deux mondes se côtoyaient, l'un avançant, l'autre reculant.

Oui, nous vivons dans deux mondes : celui du pétrole et celui du post pétrole. Il y a tension, fortes contradictions, et cette décision européenne en est la démonstration éclatante.

Preuve s'il en est que sans technologies de remplacement du pétrole et face à des économies qui ont besoin d'énergie, il est irrémédiable que du pétrole sorte des sous-sols pour nourrir cette économie. C'est un peu comme si celui qui a soif tentait en vain de fermer le robinet.

En réalité, si le robinet ne peut être maîtrisé, employons-nous enfin à financer notre intelligence, celle à trouver la solution non dans la seule sobriété sans doute nécessaire, mais indéniablement limitée, mais dans la recherche et l'innovation pour les énergies renouvelables par les énergies fossiles elles-mêmes. Les énergies fossiles sont et seront de plus en plus lucratives. Qu'elles financent lourdement les renouvelables. Là est le nerf de la guerre. Cancun doit assez franchement acter une forte taxation mondiale de l'énergie fossile, à proportion des profits qu'elle dégage, et alimenter un fonds mondial pour le climat. Il n'y a in fine, pas d'autres solutions que de faire financer l'alternative aux pollutions par les pollutions elles-mêmes : le pollueur doit être le payeur...

Et cessons de nous leurrer sur les garanties contre les accidents. Elles ne seront jamais suffisantes car il y a tant de forages et tant de volumes transportés, qu'il faut s'attendre à d'autres marées noires... la loi des probabilités rend cela inéluctable.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire