samedi 2 octobre 2010

Retraites : des chiffres et des lettres

Les chiffres : 899000 ou 3 millions de manifestants
Les lettres : malaise face à une bienveillance pour les uns, surdité pour les autres. 

Tel le jeu télévisé, on est dans le jeu des chiffres. Si ce n'était ridicule au regard des enjeux, cela en serait drôle. 
899 000 manifestants côté gouvernement. Un chiffre presque rond, comme les prix un poil en dessous pour faire "moins cher". Déjà le 23 septembre, le même amusement a prévalu. 
Côté syndicats : 3 millions. 
Qui dit vrai ? Peu importe au fond. 
Ce qui reste vrai, c'est que tout ceci est un gâchis. Pas de véritable négociation côté gouvernement... ne serait-ce qu'avec les syndicats les plus raisonnables... car en l'occurrence, une réforme est nécessaire, et le passage de 60 à 62 ans est raisonnable. Mais quand François Chéreque fait un geste en proposant un report de la décision sur les 67 ans, il accepte en creux et sans le dire les 62 ans et fait ce geste dont on aimerait voir l'équivalent côté gouvernement. Mais qu'il est regrettable de constater, en face, un orgueil gouvernemental qui ne correspond plus à la gouvernance qui prévaut de plus en plus dans la plupart des pays développés. Partout en Europe, les grandes réformes sont débattues avec une envie de consensus, ou du moins de large majorité. Les français auraient été majoritairement favorables à une réforme, y compris en acceptant l'allongement à 62 ans... mais cette manière de n'écouter rien ni personne heurte, clive, déroute, interroge.

Car pour tout dire, le malaise, on le sent bien, est plus profond. Cette majorité semble se fermer à une population qui, pour une partie, a pourtant voté pour elle. Les révélations de privilèges donnés aux plus aisés, que les lois et les faits confirment, entrent en choc frontal avec cette surdité face au malaise des classes moyennes et des plus faibles.  Le malaise naît de ce contraste si perceptible entre cette bienveillance accordée aux plus aisés et refusée à tous les autres. 

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