jeudi 30 décembre 2010

+15° !

Je viens de recevoir ce graphique suffisamment étrange pour que je le mette sur mon blog (et sous réserve que des infos confirment cela dans les prochains jours).

Ce graphique est une mesure de température prévisionnelle pour les 15 prochains jours à une altitude de 1500 mètres au Groenland.
La courbe rouge indique la moyenne de températures des trente dernières années (environ -17°).
La courbe blanche est la température enregistrée aujourd'hui (0° au début du graphique, le 30 décembre) et prévisionnelle pour les prochains 15 jours.
Soit 15° de différences les prochains jours !

D'après le modèle de prévision numérique américain (GFS), si le nord de l'Europe et l'Europe de l'Est vont encore connaître du froid pour ces prochains jours, ce n'est pas le cas du Canada au Groenland où les températures seront très douces pour le passage à la nouvelle année.

Mais c'est surtout sur le nord de l'Atlantique et au Groenland que les températures seront anormalement élevées pour la saison, avec des anomalies chaudes de plus de 10 degrés en surface et 15 degrés à 1500 m. Quand on sait que c'est le réchauffement des pôles avec la fonte des glaces à la clef qui aura le plus de conséquences, on a de quoi regarder cela de très très près.

A part ça, l'année 2010 aura quand même été marquée par l'extrême écoute faite aux climato-sceptiques.

dimanche 26 décembre 2010

durcissement du bonus écologique : bonne, mais inssufisante mesure.

Dans le détail, ce durcissement est un recentrage du bonus vers des véhicules réellement peu polluants. En ce sens, c'est une bonne logique car dans sa version initiale, la mesure était plus un soutien à l'industrie automobile qu'une aide aux particuliers.

Mais avant d'être une opération écologique, il n'en demeure pas moins que la raison réelle de cette mesure est la rigueur budgétaire qui a conduit le gouvernement à raboter toutes les dépenses... et particulièrement les dépenses issues du Grenelle qui ne sont pas équilibrées (et pour cause, le gouvernement se refuse à toute mesure permettant des rentrées fiscales ! pas de taxe carbone, pas de malus suffisant).

En effet, n'osant s'accompagner d'un véritable "malus" en direction des véhicules les plus polluants qui permettrait de rééquilibrer les comptes, on reste dans une logique fiscale qui tend à ne froisser personne (ni particuliers propriétaires de véhicules très polluants, ni constructeurs de ces mêmes véhicules). Ceci nuit globalement à la mesure du fait de la balance très négative pour les comptes publics.

Soutenir la filière de la voiture propre, encore bien imparfaite techniquement, est pourtant une mesure stratégique à la fois d'un point de vue industriel et commercial, et aussi d'un point de vue de la lutte contre la précarité énergétique. sur ce dernier point, pourquoi ne pas, par ailleurs, imaginer, en vis à vis d'une mesure de "malus" visant les véhicules les plus polluants, un
bonus sur critères de revenus afin de permettre aux ménages les plus pauvres, notamment en milieu rural peu fournis en transports en commun, d'acquérir un véhicule peu consommateur ?

En tout état de cause, le durcissement du bonus écologique dont le décret est publié aujourd'hui, apparaîtra, au yeux de tous, après le tout récent gel des énergies renouvelables, comme un recul supplémentaire sur les questions environnementales.

jeudi 9 décembre 2010

Sommet sur le Climat : le pétrole doit financer le renouvelable

La contrainte économique que fait peser la hausse du prix des énergies fossiles sur les économies des grandes puissances est le meilleur ami de la lutte contre le réchauffement climatique.

Car, du côté des négociations internationales, si des avancées existeront sur la lutte contre la déforestation par exemple, – et il ne faut pas en minimiser l’importance – elles risquent fort d’être très insuffisantes. Il est ainsi fort peu probable que les Etats-Unis et la Chine acceptent de réduire chez eux leurs émissions de Co2 à hauteur de ce que le Giec demande. Et l’Europe serait bien inspirée de ne pas oublier, lorsqu’elle fera ses remontrances à la Chine, de penser que notre outil industriel et productif, délocalisé en Chine principalement, c’est aussi une délocalisation de nos propres émissions de Co2. Cet aspect des choses confirme s’il en était besoin que les émissions de CO2 sont mondialisées car notre économie l’est. C’est donc une responsabilité collective où chacun doit réduire ses émissions chez lui mais aussi inclure dans ses émissions ce que ses importations impliquent ailleurs. Ceci est notamment vrai pour l’Europe et les Etats-Unis qui auraient beau jeu de pointer du doigt la Chine sans accepter leurs parts de responsabilité dans les émissions du géant asiatique.

Il faut faire preuve d’un certain réalisme même s’il est loin de faire la part belle à une quelconque morale ou responsabilité de notre génération sur les générations futures. Ce réalisme c’est accepter le postulat de base qu’aucune mesure de réduction des émissions de gaz à effet de serre n’a de chance d’aboutir si, d’une manière ou d’une autre, elle entrave le développement économique. Les décideurs économiques et politiques sont sous la pression de la prise de conscience citoyenne, avec pour précieux allié les considérations économiques d’un coût toujours plus élevé des énergies fossiles. Mais, dans l’immédiat et parce qu’il est difficile de répondre au long terme sans tenir compte prioritairement du court terme, ils ne peuvent se cantonner qu’à des déclarations rassurantes masquant difficilement une action qui reste marginale au regard des enjeux.

Pour autant, il ne s’agit nullement de faire preuve de pessimisme. Au contraire, les rendez-vous internationaux tels que Cancun et les suivants doivent être le terrain d’une émulation inventive… parce que nous n’avons pas d’autres choix. Le mécanisme des quotas connaît ses limites. Tout en le poursuivant, il faudra indéniablement inventer encore et encore. Le principe d’une taxe ou TVA carbone doit être, par exemple, remis sur la table, quitte à fonctionner, dans un premier temps, dans une logique « expérimentale» et se discuter y compris dans d’autres sommets tels que ceux sur le commerce mondial. Mais elle n’aurait d’intérêt que si elle alimente un fonds « climat » international destiné à financer la recherche des alternatives aux énergies fossiles. Le bénéfice tiré des énergies fossiles (qui sera de plus en plus important dans les mois et années à venir) doit servir à financer les technologies propres.

Car là est, à n’en pas douter, la solution. La plupart des décideurs, pour peu qu’ils sachent se défaire des influences des lobbies de la production et de la vente des énergies fossiles, doivent et peuvent souhaiter qu’à performance économique équivalente, le recours aux technologies et énergies propres est préférable à l’usage massif du charbon, du gaz et du pétrole.

Chaque État ou groupe d’États a donc intérêt à renforcer encore son engagement dans cette course enthousiasmante vers les technologies propres qui pourrait faire tourner, demain, notre économie avec une croissance acceptable parce que durable. L’Europe a, à ce titre, une force et une faiblesse. Sa force : la volonté de son opinion publique. Sa faiblesse : son incapacité à agir unie. Pourtant, ce qu’elle put faire au lendemain de la guerre avec la PAC, elle devrait pouvoir le refaire avec une PEC (Politique Énergétique commune) qui, rêvons, pourrait être l’élément de relance de la dynamique européenne aujourd’hui en panne. Les projets Desertech (solaire thermique) ou Transgreen (transport longue distance de l’électricité) démontrent que les projets et la volonté sont là.

Point de chimères quoi qu’il en soit. Demain sera un monde qui devra considérablement réduire les consommations de ses machines et moteurs et qui pourra chercher son énergie du côté de ce que le soleil, le vent, les courants marins, ou les déchets nous fournissent en quantité largement suffisante. Mais demain ne sera pas un monde sans énergie fossile, ce sera un monde utilisant ce qu’il lui reste d’énergie fossile avec responsabilité et parcimonie. Demain, nos enfants ne comprendront pas comment nous avons pu, à ce point, gaspiller une ressource aussi précieuse et utile pour des applications autrement plus utiles à l’humanité que de faire tourner des moteurs.