jeudi 3 mars 2011

suppression du bouclier fiscal... et de l'ISF ?

J'entendais ce matin Laurent Joffrin répondre à cette affirmation trop entendue selon laquelle une fiscalité sur la fortune avait pour effet de faire fuir à l'étranger les dites fortunes.

Cette affirmation, largement répandue par les élus UMP partisans de toutes ces mesures d'allègement de la fiscalité pour les plus fortunés (bouclier fiscal et suppression ou réforme de l'ISF) avait un réel écho dans la société (une sorte de bon sens) sans que les réponses des opposants, notamment de gauche, soit très convaincantes.

Joffrin rappelait fort utilement deux choses que je partage totalement :
1- que les fortunés qui partent pour des paradis fiscaux ne peuvent être retenus par des allègements partiels car nous ne pouvons nous mettre en concurrence avec les paradis fiscaux qui prélèvent entre 0 et 10% des revenus de leurs contribuables. Sauf bien entendu à supprimer toute dépense publique de type sécurité sociale, école gratuite, etc...
2- que ces personnes qui ont grandi et "profité" de ce "modèle social français", qui ont été à l'école gratuite, qui on profité d'un système de santé quasiment gratuit, qui ont été heureux d'avoir un nombre important de services gratuits pris en charge par la contribution de chacun à l'impôt, bref... ces personnes commettent en réalité un acte très condamnable en quittant le pays pour se soustraire à cet effort qui pourtant leur a souvent permis d'en arriver à la situation de fortune qui est la leur.

Décidément je ne comprends pas ces élus de l'UMP qui défendent de telles théories aussi peu républicaines en définitive. C'est une capitulation face à une forme de délit (car se soustraire à l'impôt est un délit). Imaginez la comparaison : vous vendez un service et votre acheteur, après avoir profité de votre service, refuse d'en payer le prix (total ou partiel). Au lieu de le lui réclamer, vous y renoncez sans négociation et vous modifiez vos tarifs à la baisse. Ceux qui ont la fortune dont on parle ne procède vraisemblablement pas de la sorte avec leurs clients !

S'il est entendu que l'attitude consistant à se soustraire à l'impôt en quittant le pays est, comme le dit Joffrin, une forme de "trahison" à la société dont on a profité jusque là. Si, comme je le pense aussi, cette attitude est en effet condamnable moralement, ne devrait-elle pas faire l'objet de sanctions plus dissuasives que la simple critique médiatique et publique finalement gentillette ? Après tout, qu'est-ce qui justifie qu'on ne soit nullement inquiété par la justice de son Pays quand on agit de la sorte ? Croyez-vous que celui qui est présenté partout comme le leader qui fera gagner la gauche l'année prochaine, le directeur du FMI, défende une telle idée ?

2 commentaires:

  1. Oui je crois fermement que la Parti socialiste et donc aussi le directeur actuel du FMI defendent l'idée qu'il n'est pas pensable de se soustraire à l'impôt sans des sanctions dissuasives.

    Comme le disait ce matin Laurent Joffrin, les exilés fiscaux sont des traîtres à la patrie fiscale !

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  2. Et cher anonyme qui étant anonyme ne me permet pas de lui écrire autrement que de cette manière : vous avez un propos de responsable socialiste qui confirme votre "présomption" ?... mieux : un propos de DSK lui-même ? J'en corrigerai la fin de mon billet si c'est vrai... et j'en serais sincèrement ravi.

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