jeudi 18 août 2011

efforts partagés

Au fur et à mesure que vont approcher les échéances présidentielles, les "bonnes idées" pour trouver des ressources nouvelles vont affluer.

Ce qui est aujourd'hui certain, c'est qu'on ne sortira pas de l'endettement actuel de notre Pays sans un effort collectif, et au delà de cela, sans un changement durable dans la gestion de nos deniers publics. Ce changement durable sera grosso modo de cesser de dépenser plus (en tout cas pour les dépenses de fonctionnement) que ce que nos ressources nous autorisent.

Bien sûr que les banques sont originellement responsables non pas de l'endettement de nos Pays, mais de l'intenabilité de cette dette qui a explosé de leur fait. La revendication selon laquelle les banques devraient payer seule les conséquences de leur inconséquence se revendique facilement et surtout exonère à peu de frais de tout effort des autorités publiques. Or la situation des banques n'est pas durablement stabilisée (il suffit de voir avec quelle rapidité certaines peuvent plonger en quelques jours seulement). Et, quoiqu'en pensent certains partis politiques très à gauche, nous avons tous besoin des banques et les banques alimentent l'économie réelle... Qui d'autre le pourrait ? Les affaiblir, voir contribuer à leur chute serait évidemment un jeu de boomerang rapide.

Pour autant, ne tournons pas le dos à nos responsabilités de réformer un certain nombre de choses qui leur sont aujourd'hui toujours encore permises et qui expliquent le crash d'il y a deux ans. Entre autre chose, le G20 ne devrait pas abandonner l'idée d'obliger (de re-obliger) les banques à dissocier clairement leurs activités d'affaires de celles du dépôt. En somme : que le dépôt, notre argent grosso modo, ne serve plus à éponger les échecs des risques faramineux pris par les branches affaires de ces mêmes banques.

Mais là n'est pas le propos de ce billet que je voudrais consacrer à la responsabilité des politiques. Leur responsabilité est et sera lourde dans les prochains mois. Elles sera ni plus ni moins de trouver les mesures les plus courageuses et les plus justes pour résorber la dette publique. Plus simple à dire qu'à proposer. Il faudra faire preuve de courage pour oser annoncer une hausse de la TVA, une hausse des impôts, de la CSG, la suppression de niches fiscales... chaque électeur sera soumis à l'effort à hauteur de ses revenus...
Et si je parle d'électeurs et non pas de contribuables c'est bien pour souligner qu'il y aura l'année prochaine, des candidats qui trouveront les solutions uniquement en cherchant les ressources auprès d'une partie seulement des français (ceux qui, d'après eux, ne votent pas pour eux), et ceux qui demanderont un effort à tout le monde.

En tout cas, ce qui me semble indispensable est que la classe politique donne l'exemple de l'effort financier à faire en réduisant son train de vie.

J'entends déjà celles et ceux qui s'accrochent à ce train de vie rétorquer que ce que je dis là alimente l'antiparlementarisme et le rejet de la classe politique. Je crois au contraire d'une part qu'il n'est un secret pour personne qu'il y a eu, au fil du temps, des exagérations qui aboutissent à des situations inacceptables. Et d'autre part, que, au contraire, faire et afficher l'effort exemplaire, c'est redonner une image positive de la classe politique auprès de français qui la décrie largement. A voir l'opinion positive qu'ont les scandinaves de leurs classes politiques, on sait que rien n'est du au hasard et que tout est affaire de transparence, d'éthique et d'exemplarité.

Second argument qu'on m'opposera : ce n'est pas cela qui résoudra le problème de l'endettement. Certes, le volume global d'argent public destiné à la rémunération et aux frais directs des élus de la République (hors frais de personnel des mêmes élus), tant au plan national qu'au plan local doit avoisiner à la louche quelques 300 ou 400 millions d'euros, ce qui, même si la somme peut paraitre élevée, n'est pas une part considérable des budgets cumulés de l'Etat et des collectivités locales.
Mais encore une fois, au fond, l'affaire est davantage une question de symbole, de crédibilité... et osons le dire, d'éthique.

Je ne trouverais pas choquant d'établir quelques nouvelles règles :
- le niveau maximum actuel des rémunérations des élus, à tout niveau, est d'une fois et demi l'indemnité parlementaire (5500 euros x1.5 = 8250 euros). Il ne me paraitrait pas choquant de penser qu'on peut vivre aisément avec 1x l'indemnité parlementaire au maximum, à savoir 5500 euros.
- je pourrais aisément imaginer qu'on puisse appliquer cette rémunération maximum aux membres du gouvernement car au fond, je ne fais pas de corrélation entre la rémunération et le pouvoir qu'on a. La différence se fait bien plus par les moyens humains, les crédits et les délégations qu'on peut avoir.
- l'imposition des élus devrait pour l'ensemble de leurs revenus être identique à une base commune à tous les français.
- des enveloppes sont versées directement aux parlementaires pour leurs frais de représentation. Ces enveloppes dépassent l'indemnité de base. Je proposerais que ces enveloppes soient réduites de 20% et ne soient plus versées directement aux parlementaires mais transformées en crédits (ou droit de tirage) auprès de leurs assemblées, à dépenser contre facture, à savoir sur frais réel.
- en cas de dépassement du montant maximum autorisé parce que l'élu serait en cumul de mandat et donc d'indemnité, la règle actuelle permet à l'élu concerné de verser le trop perçu à l'élu de son choix dans l'une des assemblées où il est élu. Je proposerais que ce trop perçu soit reversé au budget général de la collectivité locale où siège l'élu en question.

En période de crise où un effort général sera demandé, ceux qui décideront de cet effort arriveront d'autant mieux à le faire accepter qu'ils se l'appliqueront fortement à eux-mêmes.

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