mercredi 14 décembre 2011

La protection de la nature dans la campagne présidentielle ?


Honnêtement, avouons que ce sujet est complètement passé aux oubliettes. Mais aujourd'hui, avec François Bayrou, nous sommes allés observer les oiseaux sauvages en forêt d'Orient dans l'Aube. Un vent à décorner les boeufs (pour être plus juste : à décorner des aurochs que nous avons croisés dans cette forêt) ne nous a pas empêché de parler de protection de la nature à un moment où aucun politique n'en parle.

Depuis des mois, la question de l’environnement s’est résumée au nucléaire. Et des sujets fondamentaux tels que la protection de la nature ont été passés aux oubliettes. Lisez l’accord Verts-PS, on en dit presque rien. C’est un comble.

Après tout, mesure-t-on à quel point on parle là de questions vitales. Sans la nature, on ne respirerait pas (photosynthèse), on ne mangerait pas (production alimentaire), ou ne boirait pas (qualité de l’eau). La nature est tout simplement un patrimoine (oublié) de l'humanité.

La nature  rend des services « gratuits » dont nous mesurons chaque jour l'intérêt : intérêt dans la production alimentaire (les pollinisateurs tels les abeilles permettent la production de près de 30% de ce que nous mangeons), intérêt en terme de ressources génétiques et techniques pour des applications dans la santé et la chimie verte, intérêt pour les retenues d'eaux de pluie et de réservoir carbone des plantes, etc, etc...

L’enjeu pour moi n’est pas seulement de préserver une nature « extra-ordinaire » à l’aide de parcs comme celui que nous avons visité. Cette démarche de protection via des parcs est indispensable bien évidemment, mais demain, nous devrons aussi mieux considérer cette nature « ordinaire » qui nous entoure tous et que nous ne voyons plus. Pour cela, je crois nécessaire de contenir à terme l'imperméabilisation des sols en France à 10 à 15 % maximum du territoire (on estime qu'on est aujourd'hui à 8%). Par « imperméabilisation des sols » on désigne tout aménagement urbanistique (logements, zone d'activité) ou d'infrastructure (routes...). 

Comment ? : favoriser réglementairement le "re-usage" des friches et des espaces déjà construits, rendre inintéressante financièrement et réglementairement l'imperméabilisation d'espaces de nature ou agricole, valoriser les actions des protection des zones agricoles ou de nature menées par les communes, poursuivre et renforcer la mise en place de corridors biologiques permettant une circulation ininterrompue de la faune et de la flore (autrement appelés « trames vertes et bleues), et inverser la logique consistant à tirer plus d'avantages financiers à occuper des sols non bâtis que du foncier bâti. Il faudra à ce titre, évidemment dans une impérieuse nécessité de concertations locales réelles, que les documents d’urbanisme et les trames vertes et bleues deviennent compatibles.

Nous devrons aussi donner plus d’importance à ce fléau pour la biodiversité que constituent les espèces envahissantes tels le frelons asiatiques ou certaines plantes qui colonisent et étouffent des milieux fragiles.

Pour coordonner les actions sur le terrain, nous pourrions nous doter d’une Agence nationale de la Nature à l’image de l’Ademe.

L'écologie positive dont a parlé François Bayrou aujourd'hui est une écologie à laquelle tout un chacun doit pouvoir adhérer à la hauteur de ses moyens. S’il y a un sujet qui devrait assez aisément réunir les français sur des objectifs clairs et partagés, précisément parce qu’on parle de questions vitales d’air, de nourriture et d’eau et donc de santé et de bien-être, c’est bien la protection et le devenir de la planète, autrement dit, une réconciliation entre activités humaines et équilibres naturels.

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