dimanche 11 décembre 2011

sommet de Durban : grande lassitude

Au fil des ans, les sommets sur le climat se succèdent et l'habitude commence à être prise qu'ils ne sont qu'échecs plus ou moins patents. On s'y est presque autant habitué que le réchauffement climatique inéluctable qui est devant nous.

Je ne reviendrai pas sur les conclusions de ce sommet de Durban qui n'est qu'un gain de temps avec une remise à plus tard d'un nouveau traité pour succéder à celui de Kyoto. "Remise à plus tard", et en attendant, le temps passe aussi sûrement que les émissions augmentent et plus personne ne croit plus en notre capacité à limiter à +2° l'augmentation de la température d'ici la fin du siècle. Puisqu'on doit parler d'habitude à prendre, il faudra donc se faire à l'idée que nous aurons plus chaud, de notre vivant.

Au fond, la question qui se pose est : pourquoi stagne-t-on depuis le protocole de Kyoto ?
La réponse n'est-elle pas dans les opinions publiques ? La méthode même de ces sommets devraient nous poser question. Des délégations diplomatiques cotoient en cercle fermés des ONG internationales. Le tout dans une ambiance surréaliste où on se demande comment il est possible que des gens qui doivent vraisemblablement se parler tout au long de l'année attendent les 24 dernières heures de leurs débats pour convenir d'un micro-accord. Tout cela parait si lointain. Evidemment, quand on a le privilège d'en être, ce sentiment n'existe pas. Et pourtant, quand une démarche éloignée des peuples se perd dans des labyrinthes, les peuples se désintéressent. Il en va ainsi de la grande idée européenne... il semble en aller ainsi du climat.

De ce désintérêt, les chefs d'Etat les plus défenseurs des énergies fossiles profitent.
Beaucoup des opinions publiques ont évidemment compris ce qu'était le réchauffement climatique. Mais ces sommets internationaux sont devenus trop lointains, obscurs et décourageants. Quasiment aucun débat public préalable à ces sommets n'a existé en France. Pas même un débat au Parlement pour dire quelle position allait défendre la France. De toute évidence, il faut rapprocher ces sommets des citoyens, créer de l'émulation et l'enthousiasme, voire de la polémique. L'idéal serait évidemment que ces sommets fassent l'objet de débats publics, politiques et médiatiques, préalables, dans tous les pays du Monde. On a bien des évènements sportifs mondiaux qui réussissent à réunir vers un même objet au même moment toutes les opinions publiques du monde. Est-il si insensé de penser que, si nos décideurs le voulaient bien, l'espace de deux semaines, nous fassions du climat de notre planète un enjeu au moins aussi important qu'une coupe de monde de foot ?

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