jeudi 8 novembre 2012

Obama et le changement ... climatique




La réélection de Barack Obama a été saluée par tout le monde.

Du point de vue d’un écologiste, il est objectivement indéniable que l’élection de Mitt Romney, dont la campagne a très clairement et franchement été financée par les industriels du pétrole, eut été très clairement le signe d’une politique fortement défavorable au climat.
Pour autant, peut-on espérer des progrès avec l’élection d’Obama qui, rappelons-le, reste à la tête de l’Etat sans lequel, peu de politiques environnementales dans le monde n’ont de réels poids ?

Tout d’abord, le sujet environnemental a été absent de la campagne. Comme en France lors de la dernière présidentielle, la crise économique a mis au second plan la question environnementale. Le poncif selon lequel on ne fait de l’environnement que quand l’économie va bien est revenu en puissance. A tel point que le champagne est sablé un peu partout dès qu’un nouveau gisement de pétrole ou de gaz est découvert… là-bas dans les sous-sols, du gaz de schiste cherché par fracturation hydraulique..  en Europe, dans sous-sols de la Méditerranée pour aller chercher du gaz, … bientôt dans les alentours des pôles. Et le retour des gaz de schistes dans le rapport Gallois (idée certes non retenue… pas encore), est bien le signe que l’environnement est décidément une affaire qui ne saurait contrevenir aux urgences économiques. Les énergies fossiles sont et restent l’énergie synonyme de développement économique. Pas ou peu de responsables politiques et économiques ont réellement réussi à tourner la page et continuent de se projeter, dans les faits, dans un avenir encore et toujours essentiellement « fossile ». « Par réalisme » disent-ils. Par facilité plutôt.

Il y a ensuite le bilan d’Obama. Certes, on doit lui reconnaître d’avoir pris, au début de son premier mandat, des décisions fortes telles que flécher près de 90 milliards de dollars du « stimulus économique » vers les énergies renouvelables et les emplois verts. Mais alors qu’il affichait deux priorités : le Obama-Care et une loi pour le climat, il a abandonné la seconde pour ne pas compromettre la première. On pourra dire que le Parlement lui est devenu défavorable et expliquer les choses ainsi… le fait est néanmoins qu’il a réussi à faire l’Obama-care et pas la politique climatique… deux politiques qui suscitaient pourtant la même opposition de la part des Républicains.

Peut-on espérer ?
La majorité au Sénat lui reste défavorable. Pour autant, c’est un système fréquent dans la gouvernance américaine et même avec une majorité démocrate, on le sait, il n’aurait pas, comme en France, une assemblée aux ordres. C’est un vrai Parlement, et d’un point de vue de la vie démocratique du Pays, on ne peut qu’approuver (ah si la commission Jospin voulait bien nous proposer une démocratie parlementaire digne de ce nom !). Bref, un parlement qui n’obéît pas, ce n’est pas nécessairement un obstacle insurmontable. Je doute en tout cas que ceci soit un frein à toute avancée… sans quoi, ce serait un frein pour toutes les politiques que pourraient vouloir mener Obama sur quel que sujet que ce soit… or, il va présider son pays, gouverner, et donc négocier avec son parlement.
Autre obstacle… sans doute plus compliqué à surmonter : le poids de l’argent dans la vie politique américaine. On peut apprécier Obama et penser qu’il est intègre. Le fait est que cette campagne, de l’aveu même de certains milliardaires américains, a atteint des sommets en terme d’argent dépensé. Les industriels et réseaux ont soutenu chacun leur candidat à coup de millions de dollars. Qui peut croire que ces dépenses aient été faites sans aucun souci de retour sur investissement. Obama était le candidat d’un des deux grands partis. A ce titre, il est redevable de son élection à ses électeurs au moins autant qu’à ses financeurs. Qui peut prédire les conséquences obscures de ce système politique dans les grands choix qui seront faits ? C’est une grande inconnue.

Mais face à ces deux craintes, il y a quelques espoirs :
Il y a tout d’abord une opinion publique américaine toujours plus inquiète quant aux conséquences du réchauffement climatique. Sa réélection plutôt confortable n’est pas tant le résultat d’un bon bilan économique, mais, plus certainement, celui d’une Amérique qui a changé et qui, loin de départager les candidats sur leur politique économique, l’ont plutôt fait sur leur ouverture aux questions sociétales et aussi, sans doute, aux questions environnementales. De ces points de vue, Obama est plus que mieux disant. Il est le seul jugé apte à avancer alors que Romney aurait fait reculer le Pays. Dès lors, si l’Amérique a élu Obama sur des critères sociétaux et environnementaux, et comme c’est son second et dernier mandat… qu’aurait-il à perdre à faire, maintenant, cette politique environnementale qu’il n’a pas réussi lors de son premier mandat et que lui demande ses électeurs ? C’est l’espoir que nous pouvons avoir.

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