mercredi 16 avril 2014

Conférence de presse du groupe UDI-Modem au Conseil de Paris

Hier, nous avons tenu la première conférence de presse du groupe UDI-Modem au Conseil de Paris.

L'occasion pour moi, en tant que porte parole de ce groupe, de revenir sur quelques idées développées pendant la campagne.
L'occasion aussi pour moi d'ajouter à ce blog une dimension forcément nouvelle : celle de mon action en tant de conseiller de Paris et porte parole du groupe auquel j'appartiens.

Un positionnement général et 3 sujets ont été développés hier (l'article du Parisien paru ce matin en reflète un peu ce contenu) :

Un positionnement : celui d'être une opposition constructive. Autrement dit, nous examinerons les dossiers et les délibérations sans a priori idéologique mais avec une grande liberté...liberté de d'approuver ou de désapprouver les décisions ou voeux proposés selon le critère de l'intérêt que nous y voyons pour Paris et ses habitants.

Cela étant dit, les premières annonces de la maire ou de certains de ses adjoints confirment (et c'est somme toute normal) nos craintes durant la campagne :

- au sujet de la pollution de l'air, une récente interview de la maire dans le Monde annonce la circulation alternée à chaque pic et une lutte contre le diesel. A priori, on pourrait penser que cela va dans le bon sens. Oublions, à la limite, le fait que l'équipe actuelle était aux manettes pendant les 13 dernières années et que son bilan, ne leur en déplaise, s'illustre par le fait que nous avons dépassé, à la fin de ce premier trimestre, le nombre de jours limite de dépassement des seuils de pollution admis au niveau européen. Le spectre de la sanction de la Commission européenne est plus que jamais au dessus de notre tête avec une amende de plusieurs millions à payer (à juste titre). A juste titre, car l'outil imaginé au niveau européen, la ZAPA (zone d'action prioritaire pour l'air) qui consiste à interdire la circulation des véhicules les plus polluants dans Paris, est refusé par la mairie et le gouvernement... alors même qu'elle a été mise en oeuvre dans toutes les capitales européennes ! La seule explication que j'ai pu entendre à ce sujet serait que cela pourrait toucher les '"pauvres" qui ont des voitures polluantes. Donc, au motif que les pauvres auraient des voitures polluantes, on laisse tout le monde continuer de polluer. Je ne partage pas ce raisonnement. Et d'ailleurs, notre proposition portait pourtant sur les seuls poids lourds les plus émetteurs de particules fines et les cars de tourisme. Les "pauvres" possèdent peu de poids lourds ou de cars de tourisme !. Et même s'il s'agissait d'étendre, dans un second temps, cette mesure aux véhicules les plus polluants avec un procédé de vignette verte, rien n'empêche d'assortir la mesure d'une aide sociale destinée aux plus pauvres pour qu'ils se dotent d'un véhicule essence plus récent. Les annonces de la maire sur le parc de la ville, notamment les bus, reprend ce que nous avions demandé. Idem sur la taxation du diesel qu'il faut aligner sur celle du sans plomb. Reste à le faire ! Mais lisant dans le propos de la maire qu'elle reconnaît que le bonus-malus était une mesure écologique réduisant les émissions de CO2, elle reconnaît en creux, en annonçant toutes ses autres mesures, que la pollution due aux diesel est le fait non pas, comme elle l'a mensongèrement martelé tout au long de la campagne, à cause du bonus malus écologique, mais le fait d'un parc de la ville (dont les bus et bennes) qui roule au diesel, et d'une taxation favorable au diesel que le PS (son parti) ne veut pas remettre en cause.
Quant à la circulation alternée, je reste convaincu de deux choses : premièrement, il faut des mesures claires et annoncées longtemps à l'avance de sorte que chaque automobiliste sache à quoi s'attendre en cas de pic de pollution (les prévisions sont d'ailleurs possibles à 5 jours et des annonces anticipées peuvent être systématisées pour éviter aux salariés et aux entreprises d'être pris en otage au dernier moment). Deuxièmement, il faut aller vers un distingo non pas basé sur la plaque d'immatriculation mais sur le caractère émetteur ou non de polluants. L'expérience menée en Allemagne de pastille (ou vignette) verte mériterait d'être testée : autrement dit, les jours de pics, seuls les véhicules propres (avec vignette) auraient le droit de circuler.

- sur le logement, je m'appuie sur les déclarations du nouvel adjoint au logement re-affirmant l'objectif de 30% de logements sociaux à Paris d'ici 2030 et d'une priorité à la location plus qu'à l'achat. Je dois bien admettre qu'en tant que nouvel élu, et parisien depuis plus d'un an, je n'ai pas une connaissance accrue de tous les dossiers, notamment celui du logement. Toutefois, la campagne et ce que j'ai lu et entendu durant ces derniers mois, me conduit évidemment à constater que l'accession au logement pour les ménages des classes moyennes est devenu quasiment impossible. Imaginer que la solution ne serait que dans une offre à près de 30% de logements sociaux ne résout en rien l'accès au logement pour les ménages des classes moyennes. Pire, j'ai même le sentiment que ce taux très élevé créera immanquablement une plus grande pression sur les prix des 70% du parc restant. Quant à l'idée que les habitants de Paris doivent être des locataires, j'ai bien peur que cela ne corresponde pas aux aspirations d'une majorité d'entre eux. Nous avions formulé des idées de constructions de logements destinés à une accession à la propriété abordable pour des ménages de classe moyenne. Cette option ne figure aucunement dans les pistes de l'actuelle majorité. De fait, le partage de Paris entre des ménages aidés (en logement sociaux) et des ménages très aisés (dans le reste du parc) n'a pas de raison de se freiner...avec, donc, de fait, comme je le disais en résumé dans le Parisien, un exode des classes moyennes.

Un débat dans le débat existe par ailleurs. Je n'en ai pas fait part dans la conférence de presse d'hier, mais je compte bien m'y pencher durant ce mandat : celle de la densité urbaine.
Il fait consensus à l'échelle nationale que la densification urbaine est la réponse à l'étalement urbain qui dévore les terres agricoles et les espaces naturels. L'écologiste que je suis ne va pas contredire cette évidence. Pour autant, j'ai pu rencontrer des habitants qui se battent pour préserver quelques rares espaces de respiration auxquels tout urbain peut légitimement être attaché : les bassins de Grenelle menacés par un projet de construction de logements, le parc des expositions de la porte de Versailles sur lequel veut se poser la tour Triangle, l'avenue Foch et les débuts du bois de Boulogne et leurs grands arbres menacés par des projets immobiliers, quelques fonds d'impasses paisibles dans lesquels se nichent quelques dernières petites maisonnettes avec de micro-espaces verts et de beaux cerisiers et maroniers secrets, tout aussi menacés par des constructions.
Au fond, Paris, une des villes les plus denses d'Europe, contenu dans son périmètre étroit de quelques 100km2 avec 21 437 habitants au km2 n'a-t-elle pas suffisamment payé son du à la densité urbaine exigée pour éviter l'étalement urbain ?
En toute théorie, oui, il faut construire davantage de logements pour réduire la pression sur la demande... mais n'est-ce pas, en réalité, une fuite en avant sans fin ?
Il existe quelques délaissés urbains qui restent des réserves foncières pour desserrer l'étau de la demande (la couverture des voies de chemin de fer et du périph, certains délaissés du côté de Bercy-Charenton, ...)
Mais je me dis qu'une vision urbaine nouvelle pour Paris est nécessaire, cherchant dorénavant la préservation des derniers espaces de respiration, des vues, des espaces verts.
Quant à la densification, si j'osais, je dirais que c'est à l'échelle du pays qu'il faudrait la penser, à l'image de ce qui avait présidé à la création de la DATAR pour développer d'autres zones d'attraction économique en France, desserrant de ce fait l'étau d'une hyper centralisation des activités dans une seule zone : la capitale. Mais je rejetterais trop loin la responsabilité. Par contre, le Grand Paris est indéniablement une réponse à ce problème.

D'ailleurs, c'était le troisième sujet de notre conférence de presse hier (malheureusement pas repris du tout dans l'article du Parisien). Le Grand Paris est dans l'air du temps : l'enjeu est celui de la simplification des strates institutionnelles. Il s'agit de mutualiser davantage les moyens, raisonner à la bonne échelle pour mener certaines politiques et se partager les compétences pour arrêter les doublons et donc réduire la dépense publique (condition sinequanon d'acceptabilité de ces chantiers pour les contribuables). Tous ces objectifs, pour l'heure, ne sont pas encore atteints dans le projet du Grand Paris. Il s'agira donc de se battre pour y arriver. Car au fond, tous les sujets évoqués précédemment n'ont pas de réponses efficaces à l'échelle de Paris intra-muros : la pollution de l'air, l'urbanisme, les grandes infrastructures... tout cela piétine quand on agit au mauvais niveau ou quand on se marche sur les pieds. A l'inverse, des compétences de proximité doivent être redéfinies pour les maires d'arrondissements : la propreté par exemple.
Quoiqu'il en soit, souhaitons que l'esprit constructif voulu par le groupe auquel j'appartiens sera à l'oeuvre dans les mois à venir sur ce sujet du Grand Paris. Autrement dit, j'espère que ceux qui ont défendu fortement cette institution parce qu'ils se voyaient la présider ne vont pas subitement tout faire pour la saborder ou la vider de son contenu.

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