lundi 2 juin 2014

commentaires sur la feuille de route d'Anne Hidalgo à son adjoint aux transports

La Maire de Paris a publié sur le site de la ville de Paris la feuille de route de chacun de ses adjoints. Quelques commentaires, au fil d'extraits du texte lu sur le site de la ville de Paris :

"Il s’agit premièrement de diminuer la pollution atmosphérique, notamment la pollution cancérogène liée aux particules fines et les émissions de gaz à effet de serre".
La priorité de cette délégation aux transports est clairement liée à la question de la pollution de l'air. C'est une orientation aussi heureuse que nouvelle. Il faut dire que l'angle "pollution de l'air" a surgi tardivement dans les préoccupations de la Maire et de l'équipe à laquelle elle a appartenu lors du précédent mandat (premières communications au début des années 2010 !). Pourtant, les pollutions à Paris sont anciennes et récurrentes. La conviction n'étant pas ancienne, il est donc prudent de surveiller de près que la mobilisation ne s'émoussera pas avec le temps.

"(...)Il s’agit enfin de reconquérir l’espace public au profit des piétons et des circulations douces, notamment les abords du fleuve, les canaux et les berges".
Autant je partage évidemment l'idée de donner plus de place aux circulations des piétons et des cyclistes, autant je saisis mal la priorité donnée aux abords des fleuves, canaux et berges. Ou alors il eut fallu apporter une précision, qui est que c'est sur ces axes qu'on peut construire un réseau efficace de mobilités à pied et à vélo. Au fond, la question des circulations à vélo et à pied n'est pas tant une question de loisir sympathique à faire au bord des cours d'eau, mais avant tout une optimisation d'une alternative à tous les autres modes de déplacement. La question est donc de rechercher des axes rapides pour traverser Paris à vélo (et même un peu au delà en rejoignant les communes de première limite avec Paris). Il manque de voies express permettant de traverser Paris d'est en ouest et du nord au sud. Notre idée d'utiliser la petite ceinture avait cet objectif. Le long de la Seine répond aussi à cet objectif, mais c'est ainsi qu'il faut le qualifier.
Quant aux piétons, là encore, ne parlons pas de flâneries, mais de véritable moyen de se déplacer dans Paris sur de courtes, ou moyennes distances. Fléchages, indication des distances à pied, piétionnisation, plans piétons à tous les grands carrefours, bancs, circulations inter quartiers via des parcours sécurisés pouvant emprunter des cours intérieures,... sont autant de moyens, comme à Londres, de faciliter une marche à pied sur des courtes distances.

"En matière de lutte contre la pollution, il faut effectivement prévoir des mesures d’urgence en cas de pics de pollution, mais aussi et surtout des mesures de fond. En cas de pic de pollution, les mesures permettant de favoriser le report modal de la voiture individuelle vers les transports collectifs, Autolib’, Vélib’ et le co-voiturage devront être systématisées dès que le seuil d’information est atteint deux jours de suite. Les modalités de mise en place de mesures de gratuité pour Autolib’ et Vélib’ que vous proposez, et leur efficacité, devront être précisément étudiées"
Voilà qui aurait mérité plus de précisions. Précisions sur l'anticipation des annonces de ces mesures auprès des parisiens. On peut prévoir les pics avec deux ou trois jours d'avance. Dès lors, on peut aussi anticiper les annonces auprès des parisiens. Le dernier épisode, sans aller jusqu'à la circulation alternée, a démontré que les parisiens sont prêts à jouer le jeu, à condition d'avoir le temps de s'organiser. Sans quoi, d'un point de vue psychologique et d'acceptabilité sociale de ces mesures, nous sommes rapidement dans du contreproductif.
Je note que la circulation alternée et la gratuité des transports en commun, pourtant annoncées dans le voeu que nous avons voté au dernier Conseil de Paris, ne figurent plus dans cette feuille de route.
Est-ce parce que ceci n'est pas du ressort de la maire ? Si oui, pourquoi ne pas l'avoir néanmoins mentionné de la même manière que cela fut fait dans le voeu ? Ce d'autant plus que, dans le paragraphe suivant, il est précisément évoqué la collaboration nécessaire avec l'Etat et la Préfecture de police.
D'une certaine manière, je n'irai pas jusqu'à regretter cet oubli. D'une part parce que la circulation alternée, bien que ponctuellement inconrournable quand on est au pied du mur, a quelque chose d'absurde. Plaque paire ou impaire au lieu d'une selectivité par le caractère polluant est le principal grief à faire à cette mesure qui invite les petits véhicules essence peu émetteurs de particules fines mais mal immatriculés à rester à l'arrêt, quand de gros 4x4 diésel bien immatriculés peuvent circuler ! Quant à la gratuité des transports en commun, la mesure est très couteuse et ne concerne pas celles et ceux qui sont déjà détenteurs d'une carte Navigo.

"Concernant la pollution de fond, vous définirez un plan de sortie du diesel d’ici 2020. Dans ce but, je vous demande effectivement de lancer un plan d’actions permettant de définir d’ici la fin de l’année les modalités nécessaires à la mise en place d’une zone de basses émissions, en précisant le calendrier, le coût et le parc de véhicules concerné. Ce dispositif nécessite de votre part une collaboration forte avec la Préfecture de Police et l’Etat qui doit fournir le dispositif réglementaire adapté, et pourrait englober la plus grande part possible du territoire métropolitain, dans le cadre de Paris Métropole ou dans le cadre de partenariats avec des communes ou intercommunalités volontaires. Vous étudierez un dispositif d’accompagnement social adapté".
J'hésite encore à commenter davantage ce que j'ai déjà répété : il s'agit là ni plus ni moins de la très attendue ZAPA (tant et tant de fois repoussée par les mêmes qui l'envisagent aujourd'hui). A la bonne heure ! mieux vaut tard que jamais ! Un jour viendra où, si nous arrêtons de le leur rappeler, ils finiront par appeler un chat un chat.
La ZAPA, ou restriction d'accès dans la ville aux véhicules les plus émetteurs de particules fines, est en réalité la seule mesure efficace. Si elle s'affine, notamment à l'aide d'une pastille verte, voire de pastilles de différentes couleurs, elle contribuera progressivement à encourager la circulation dans Paris de véhicules très peu, voire pas du tout polluants (la voiture électrique notamment).

"Les véhicules lourds feront l’objet d’un traitement spécifique. Je vous demande de travailler avec le STIF, en coordination étroite avec Julien Bargeton, votre collègue chargé des finances, pour que le remplacement de la flotte de bus RATP par des motorisations électriques et GNV soit amorcé dès 2014."
Nous étions les premiers à le demander. Cela fait maintenant partie de la feuille de route après tant et tant de polémiques, notamment avec le parti de celui à qui la Maire s'adresse ici !

"Enfin, vous définirez des mesures visant à limiter l’accès des cars de tourisme et des poids-lourds aux véhicules les plus propres, qui pourraient passer par la refonte des cartes de stationnement professionnelles et des interdictions de circuler pour les véhicules les plus polluants"...
Parfait ! voilà encore, presque mot pour mot, ce que nous avions proposé et que l'équipe actuelle avait combattu. Restons bon joueur.

"Vous poursuivrez le travail réalisé dans le cadre de la Charte pour une logistique urbaine durable afin de trouver les moyens, en concertation avec les professionnels, d’atteindre l’objectif de 50 % des livraisons du dernier kilomètre réalisés en véhicule non diesel en 2017, puis 100 % en 2020."
Ceci va dans le sens du voeu que nous avions déposé au dernier Conseil de Paris avec Edith Galois. Rejeté par la Maire, repris dans cette feuille de route... Restons bon joueur.

"Enfin, je partage votre objectif d’exemplarité du parc de véhicules de l’administration parisienne dans le cadre du plan de sortie du diesel : d’ici 2015, plus aucune berline ni citadine de la Ville ne sera diesel".
Un état des lieux complet du parc serait intéressant. Quelle est la part  de ces "berlines et citadines" sur l'ensemble du parc ? Je crains malheureusement que sans y inclure les utilitaires, nous parlions là d'une part modeste du parc. Quant au simple cas des dites berlines et citadines, espérons qu'au plus tard, au Conseil du Paris de décembre 2015, nous aurons un rapport détaillé de l'état du parc avec confirmation de sa complète dé-dieselisation !

"Le développement des transports en commun permet en outre, pour ce qui est des transports de surface, un objectif de requalification urbaine.
Concernant les lignes de métro et de RER, vos priorités, avec le STIF, doivent être la réalisation dans les meilleurs délais du prolongement de la ligne 14 afin de soulager la ligne 13, et le prolongement de la ligne 10 jusqu’à Ivry. Vous étudierez la fusion des lignes 3 bis et 7 bis. Concernant les transports de surface, vos objectifs sont le bouclage du tramway des maréchaux et la création de nouvelles liaisons à haut niveau de service au centre de Paris.
Vous veillerez à ce que le tronçon de tramway porte de la Chapelle-porte d’Asnières soit mis en service fin 2017, et vous lancerez très rapidement les études pour déterminer les modalités et le calendrier de son prolongement à l’ouest, entre la porte d’Asnières et le pont de Garigliano et son prolongement à Nation. Afin d’améliorer la desserte du cœur de Paris, vous étudierez des lignes à haut niveau de service, recourant à l’énergie électrique, l’une reliant les gares parisiennes, préfigurant ainsi une configuration améliorée du plan de circulation et de desserte des bus parisiens, et une nouvelle liaison en site propre sur les quais hauts de la Seine ; elle permettra de requalifier les quais hauts et d’étudier la poursuite de l’aménagement des quais bas."
Tout cet ambitieux programme d'amélioration des transports en commun est a priori une bonne chose. Je note que la liaison inter gares ne fait plus mention du tramway. Globalement, le grief que j'avais émis et qui avait justifié l'abstention de notre groupe sur le volet "tramway" de ce programme, porte sur le manque de priorisation budgétaire sur cet ensemble de projets. La question stratégique à laquelle je n'ai pas eu de réponse est simple : si on considère que le fil rouge de la politique des transports (et cela semble l'être pour l'équipe majoritaire) est la lutte contre la pollution de l'air, et sachant que la politique n'est pas qu'une liste d'intentions, mais aussi et surtout une définition précise des moyens qu'on peut mettre en face pour les réaliser, alors, cette feuille de route, comme le voeu présenté lors du dernier Conseil de Paris, est boiteux. Autrement dit, si on met des euros en face de chaque ligne de cette feuille de route, la ville de Paris a-t-elle les moyens de son projet ? Si oui, tant mieux (mais j'en doute si on en croit l'état des finances publiques en général et les perspectives de recettes issues de l'éco-taxe qui sont encore assez hypothétiques). Si non, il faut de toute urgence nous dire ce qu'on fera, ce qu'on reportera, et ce qu'on abandonne. La transparence, en, réalité, est dans ce niveau de détail.


"Concomitamment au développement des transports en commun, vous pourrez relancer les comité de pôles afin de poursuivre la réflexion sur l’aménagement des gares, notamment gare de l’Est-gare du Nord, gare d’Austerlitz-gare de Lyon, gare de Bercy et gare routière du château de Vincennes. Vous veillerez à travailler en lien étroit avec Jean-Louis Missika, votre collègue adjoint notamment chargé de l’urbanisme et des projets du Grand Paris. L’ensemble de ces projets représente des investissements lourds dont le poids total n’est pas encore précisément évalué. Vous devrez ainsi lancer des études fines avec le STIF afin de disposer rapidement d’une visibilité claire du budget nécessaire à leur mise en œuvre".
Les deux dernières phrases, bien que ne portant que sur la question des gares, ne fait que confirmer que la question du budget est en effet cruciale et que si cela vaut pour l'aménagement des gares, cela vaut pour l'ensemble de la feuille de route.

"Concernant la mobilité à vélo, je partage votre ambition d’atteindre d’ici 2020 les objectifs de la charte Vélocity (15 % des déplacements réalisés en vélo contre environ 5 % actuellement) : pour ce faire, vous devrez étudier l’aménagement de nouvelles pistes cyclables. Je suis également favorable à la création de parkings sécurisés de stationnement vélos gare Montparnasse et gare de Lyon, que vous pourrez étudier dès cette année pour une réalisation à mi-mandat. Vous pourrez lancer l’expérimentation du Vélib’ électrique dans les prochains mois, et le service de location pour enfants « P’tit Vélib’ » dès l’été. Vous préparerez la mise en place d’un Vélib’ métropolitain, à horizon 2017"
Sur ce chapitre du vélo, nous restons globalement sur un principe général qui est que le vélo à Paris, c'est Vélib. Oui, vélib est une bonne chose et il faut maintenir un bon niveau de qualité pour ce service de mobilité. Mais le vélo à Paris, c'est en effet la question des voies cyclables et aussi celle du vélo en propriété individuelle. Sur ces deux derniers points, les annonces sont insuffisantes. Des "nouvelles pistes cyclables", pourquoi pas, mais la question est avant tout celle de la sécurisation des pistes existantes, de l'emplacement des nouvelles pistes (prises sur la partie "piétonne"... qui n'est pas la meilleure solution ; prises sur les voies de bus... pas très sécurisant ), du réseau global sur Paris avec notamment la question des voies express pour ceux qui veulent se déplacer sur des moyennes ou longues distances (cf la remarque que je faisais plus haut sur la ou les voies express cyclables). Enfin, l'obstacle à la possession de son vélo est celle du stationnement aussi sécurisé que possible . Réduire les solutions à des parkings gare Montparnasse et gare de Lyon manque d'ambition là où nous avions proposé des solutions dans chaque quartier (parkings en box, dans les cours de copropriétés, dans les parkings ou sous la forme des stations enterrées à la manière de ce qui se fait au Japon).

"La métropolisation d’Autolib’ sera poursuivie. Cette offre sera complétée en accordant plus de visibilité à l’autopartage, qui propose des solutions complémentaires à Autolib’.Je suis favorable à la création, dans les 100 jours, de 200 places de stationnement sur voirie dédiées à l’autopartage, avec une incitation forte à recourir à un parc non diesel. "
L'autopartage a un potentiel de développement important. La feuille de route parle de 200 places dédiées sur voiries. Dans mon intervention au dernier Conseil de Paris, j'avais souligné que la visibilité de l'autopartage passe par des places dédiées dans les rues les plus passantes. Cela semble acté, et c'est une bonne chose.
L'incitation au recours à un parc non diésel est une bonne intention. Attention toutefois à ne pas charger trop la barque (ne serait-ce que dans une phase de démarrage) afin de ne pas pénaliser une bonne pratique environnementale.
L'autopartage, c'est aussi une organisation qu'on peut initier entre particulier ou au sein d'une entreprise. Les expériences dans ce domaine ne manquent pas pour s'en inspirer et faire de Paris un champ d'expérimentation et de lancement d'un mode d'usage du véhicule individuel qui ne serait plus en "possession", mais en "partage" (avec, pourquoi pas, en lien avec la ZAPA, un avantage donné aux véhicules partagés sous la forme d'une pastille verte autorisant la circulation dans Paris, y compris les jours de pics).

"Vous pourrez, afin de moderniser le service des taxis parisiens, finaliser l’application Ville et lancer un travail d’optimisation des stations de taxis. Des voies dédiées aux taxis, aux bus, aux utilitaires électriques, voire au covoiturage, seront réservées sur les axes extérieurs d’entrée à Paris, en lien avec la Préfecture de Police, notamment sur l’A1, entre Paris et l’aéroport Charles de Gaulle. Je suis également favorable à l’étude de la création d’une voie réservée sur le périphérique. Pour l’ensemble de ces sujets, je souhaite là encore une concertation étroite avec Jean-Louis Missika".
C'est l'idée nord-américaine des HOV Lanes (voies réservées aux véhicules à occupation multiple), objectivement intéressante à tester sur les axes entrant à Paris.

"Afin d’inciter à l’usage de ces modes alternatifs et de promouvoir leur complémentarité, vous pourrez mettre en place « le pass Mobilités » proposant une offre globale d’accès aux transports en commun, Autolib’, Vélib’, opérateurs d’autopartage, et éventuellement taxis, en lien avec le STIF".
RAS. Bonne idée déjà souvent évoquée par le passé. Reste à surmonter les "esprits de chapelle" des AOT toujours tellement difficiles à mettre d'accord (cf le ticket de métro qu'on ne peut -toujours- pas utiliser en correspondance dans un bus ou un tram !)

"Vous devrez poursuivre le développement de bornes de recharges afin de favoriser l’usage de la voiture électrique. Un prototype de borne de recharge accélérée sera installé dans Paris avant la fin 2014, et 200 points de charge accélérée seront disponibles d’ici la fin 2015. Vous pourrez également étudier l’installation de bornes de recharge accélérée, voire rapide, à destination des taxis."
Enfin ! Cette idée apparaît dans la feuille de route alors qu'il n'en était pas question dans le voeu "pollution de l'air" du dernier Conseil de Paris. Je l'avais d'ailleurs regretté. Oui, dans l'ensemble du panel de mesures à prendre pour réduire la pollution de l'air, l'augmentation du parc de véhicules électriques est incontournable et, contrairement à ce qui fut longtemps la doxa de l'équipe actuelle - un peu comme pour vélib - on ne peut pas réduire la voiture électrique à "autolib". Peut-être pourra-t-on aller un peu plus loin avec des aides ciblées sur les véhicules utilitaires des artisans et commerçants ?

"Afin de mieux réguler l’usage des deux-roues motorisés qui constituent une alternative fréquente à la voiture, vous pourrez préparer une campagne de communication sur les incivilités des conducteurs de deux-roues, et mieux valoriser le dispositif d’aide à l’achat des deux-roues électriques".
Ma religion n'est pas totalement faite sur la question des deux-roues motorisés (je crois que tu côté de la majorité municipale, non plus). Il est d'ailleurs reconnu dans cette phrase signée d'Anne Hidalgo qu'une part de la baisse du trafic automobile dont l'équipe se vante sans cesse a fait en grande partie l'objet d'un report vers le désormais très utilisés "scooter". A ce stade - et je vais continuer d'étudier la question - en comparaison d'un véhicule individuel (puisque c'est là que se font les transfert d'un mode à un autre), un scooter me parait moins problématique pour la pollution de l'air qu'une voiture individuelle. En premier lieu parce qu'on parle de motorisations "essence" et non de motorisation "diésel". Ce qui, pour la question des particules fines, est déterminant. Ensuite, parce que sa circulation, plus fluide, participe peu des engorgements très émetteurs de pollution de l'air. Toujours au chapitre de la pollution de l'air, si le scooter émet des polluants, consommant moins qu'une voiture, on émet globalement moins de polluant en scooter qu'en voiture pour une distance équivalente (d'autant moins que le temps de trajet est lui-même réduit en scooter). Enfin, le scooter occupe bien moins d'espace en stationnement, ce qui, objectivement, est un considérant non négligeable tant il est vrai que nous devrions rechercher autant que possible à faire respirer nos rues et placer les voitures en sous-terrain. Pour toutes ces raisons, privilégier le scooter à la voiture, notamment pour ce qui est du stationnement, me parait aller dans la bonne voie (ce d'autant plus si nous soutenons le scooter électrique).

"Je partage votre objectif d’améliorer la gestion du stationnement en incitant au stationnement en parkings souterrains afin de libérer de l’espace en voirie. Pour ce faire, vous mènerez des discussions avec les concessionnaires de parcs de stationnement afin de définir les tarifs adaptés."
"Discussion avec les concessionnaires", mais aussi les copropriétés et les parkings d'entreprises ou d'administrations qui disposent, pendant de larges plages horaires, de nombreuses places libres en sous-terrain.

"Vous mènerez une politique d’apaisement des espaces circulés dans le cadre d’une participation citoyenne élargie, en lien avec les mairies d’arrondissements : les zones 30 seront étendues en vue de leur généralisation en dehors des grands axes ; "
A vrai dire, en dehors des "grands axes", je doute que la vitesse moyenne dépasse les 30km/h

"de nouvelles zones piétonnes seront créées et les opérations « Paris Respire » étendues ; des zones de circulation à temps partagé, piétonnes ou circulées selon les jours, seront créées".
cf mon commentaire sur la circulation piétonne qui me semble appréhendée par l'équipe sous le seul angle du loisir et de la détente.

"Je suis également favorable à ce que cette politique d’ « apaisement » concerne le boulevard périphérique sur lequel l’application d’un revêtement anti-bruit pourra être étendue, et sur lequel un évènement festif et sportif pourra être organisé annuellement afin de libérer le périphérique, un jour par an, du trafic routier."
Voilà qui est audacieux, et certainement très populaire ou "politiquement correct" dans certains arrondissements du centre de Paris... mais je doute que les franciliens et les professionnels apprécient !

"Enfin, vous travaillerez en lien avec les adjoints concernés, et notamment Jean-Louis Missika en charge des sujets d’urbanisme, au réaménagement des grandes places de Paris (Nation, Bastille, Denfert-Rochereau, Panthéon…) et vous veillerez dans ces projets au rééquilibrage de l’espace au profit des piétons et des circulations douces."
Et surtout, pensez "végétalisation". La place de la République entièrement minérale est un four solaire qui, en période estivale et caniculaire, contribue dramatiquement au réchauffement du quartier, à la constitution d'ozone et donc à l'aggravation de la pollution de l'air (sans parler des populations voisines qui supportent si difficilement ces canicules et qui feront fonctionner à plein régime leur clim). J'insisterais volontiers à cet endroit sur le rôle extrêmement important des grands arbres dans le rafraîchissement de l'air. Les annonces de coupes de centaines d'arbres anciens remplacés par des jeunes arbres infiniment moins efficaces pour rafraîchir l'air m'inquiètent grandement.

(...)

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