mardi 18 novembre 2014

Mon intervention sur le rapport développement durable de la ville de Paris


La question qui nous est posée est d’approuver le rapport des actions menées par la ville de Paris en matière de développement durable. Sur cet ensemble vaste que constitue la politique de développement durable de la ville de Paris, je voudrais faire 3 remarques que je résumerais en 3 mots : compétences, cohérence, transparence.

Compétences : Le mot « développement durable » reste une grande tarte à la crème dans les discours, mais entre encore trop peu dans les actes. On ne s’emploiera jamais assez à rappeler que le développement durable est une vision globale et transversale qui doit irriguer toutes les politiques publiques. La lecture du rapport ne déroge pas à cette manière de présenter les choses, fort juste par ailleurs. Or, dans l’organisation même des délégations que vous avez décidées au début du mandat auprès des adjoints, force est de constater que vous n’avez non seulement pas fait le choix d’une délégation forte au développement durable regroupant les transports, les espaces verts, le logement, l’urbanisme et les déchets ou l’économie circulaire que vous avez dispatchés entre pas moins de 6 différents adjoints, mais de surcroît, l’esprit général d’un développement durable qui irriguerait toutes les politiques publiques ne se constate pas dans les compétences ainsi déléguées, diluées. Quand j’ai pris connaissance de l’organisation des délégations et compétences données à vos adjoints, j’avais été déçu d’une organisation à l’ancienne faisant du développement durable une compétence séparée des autres politiques menées. Or, une délégation forte, tout comme le fut le Ministre de l’écologie, numéro 2 du gouvernement, c’est une plus grande garantie de veiller à la durabilité de toutes les politiques publiques envisagées.

Précisément, ceci m’amène à la question de la cohérence. Car au fond, se préoccuper de développement durable aujourd’hui, c’est moins faire de la surenchère environnementale quand on parle d’un sujet environnemental que de se préoccuper de durabilité dans des projets à caractère a priori non environnemental. C’est la raison pour laquelle il convient de veiller à la végétalisation des aménagements urbains lourds telle que celle des grandes places dont il est question dans les aménagements des places de la Bastille ou de la Nation et qui a été si superbement ignoré dans l’aménagement de la place de la République. C’est la raison pour laquelle il convient de s’interroger sur des projets tels que la Tour Triangle qui mettent à mal toutes les orientations d’un patrimoine immobilier de Paris répondant aux impératifs de réductions des consommations énergétiques. C’est la raison pour laquelle il convient de se demander ce qu’il y a de durable en détruisant progressivement les derniers mètres carrés de respiration urbaine en sur-densifiant une ville qui bat déjà des records de densité urbaine.

Enfin « transparence » car à la lecture du rapport et encore plus de l’exposé des motifs, nous n’arrivons pas à sortir d’une phraséologie lénifiante nous expliquant que tout ce qui devait être fait a été fait et que la ville a un bilan et des perspectives qui frisent la perfection. La transparence, ce serait de ne pas nier un certain nombre de réalités qui rendraient le rapport plus audible et donc plus intéressant. Si tout ce qui devait être fait l’avait été, pourquoi aurions-nous à répétition des pics de pollution à répétition ?, pourquoi le bilan énergétique du parc immobilier parisien est-il si médiocre ?, pourquoi l’eau que nous buvons voit son taux de nitrates augmenter régulièrement ? Bien entendu, je ne vous accuserais pas d’être seuls responsables de ces maux qui affectent notre ville, mais admettre ces réalités, faire état des obstacles et des freins dont tous ne sont pas de la seule responsabilité de la ville, ce serait gagner en crédibilité et en écoute.

Si nous pourrions à la limite approuver certaines perspectives dans la droite ligne de l’accord que nous avions donnés en début de mandature à vos orientations de lutte contre la pollution de l’air ou encore sur la végétalisation, il est assez délicat de donner un quitus sur le bilan, ne serait-ce que parce qu’il couvre une période antérieure à notre mandature. Quant au ton quelque peu lénifiant de ce rapport, j’en ai parlé à l’instant. Pour ces raisons, mon groupe s’abstiendra sur la délibération nous demandant de prendre acte du rapport.

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